Maya Angelou supplante Kipling, accusé de racisme par les étudiants

Fasseur Barbara - 24.07.2018

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Auteur du poème If, Rudyard Kipling s'est fait qualifier de raciste et d'impérialiste par les élèves de l'université de Manchester. Selon eux, il était « profondément inapproprié » que le poème leur soit imposé par l'université. Moralité, ils l'ont recouvert : le texte Still I Rise de Maya Angelou, poétesse noire américaine et activiste engagée pour les droits civiques, le remplace, plus à même de porter leurs valeurs.



Sans avoir été consultés, les étudiants avaient découvert le poème de Kipling dans leur bâtiment. Peints par un artiste résident embauché pour l’occasion par le syndicat, ces vers de 1895 avaient alors choqué, peu appréciés par les membres de la Student Union. Sara Khan, responsable de l’émancipation et de l'accessibilité au sein du syndicat, affirme que les élèves n’ont pas été consultés par les dirigeants syndicaux avant que les conseils de Kipling à son fils ne viennent orner les murs.

 

Bien que ce poème en particulier ne pose pas problème aux membres du syndicat, ce sont les textes colonialistes de l’auteur qui sont rejetés.

 

Voilà une semaine, Sara Khan expliquait la situation dans un post Facebook : « Sans avoir consulté les étudiants, alors qu'une œuvre artistique était réalisée dans le bâtiment de la salle d’exposition nouvellement rénovée, c'est une peinture du travail de Rudyard Kipling qui est apparue au premier étage la semaine dernière. »

 

Et de poursuivre : « Nous, en tant qu’équipe de direction, croyons que Kipling représente le contraire de l’émancipation, de l’autonomisation et des Droits de l’Homme – choses que nous, en tant que Student Union, défendons. Bien connu comme auteur du poème raciste “Le fardeau de l’homme blanc”, et une pléthore d’autres travaux visant à légitimer la présence de l’Empire britannique en Inde et à déshumaniser les gens de couleur, il est profondément inapproprié de promouvoir le travail de Kipling dans notre SU, qui porte le nom d’un militant antiapartheid sud-africain de premier plan, Steve Biko. »

 

Elle conclut : « En réponse au devoir de reconnaissance de l’histoire, pour ceux qui ont été oppressés par des gens comme Kipling, durant des siècles, et aujourd'hui encore, nous avons remplacé ses mots par ceux de la légendaire Maya Angelou, une poète noire et activiste des droits civiques. »

 
 

Depuis, les dirigeants syndicaux ont admis que l’utilisation d’un poème de Kipling était « inappropriée » et ont présenté leurs excuses aux membres, d'après The Independent. Un porte-parole du syndicat des étudiants a déclaré : « Les initiatives des étudiants sont absolument primordiales dans le développement de l’Union des étudiants de l’Université de Manchester. Sans cela, nous ne pouvons pas respecter nos principes d’inclusivité, d’équité et d’émancipation. »

 

En revanche, Janet Montefiore, professeure émérite de l’Université du Kent et rédactrice en chef du Kipling Journal, est plus mitigée quant à la réaction des étudiants. Bien qu’elle se range à leurs côtés en ce qui concerne le manque de consultation, elle trouve leur réaction un peu exagérée, rapporte le Guardian.

 

Selon elle, il est « terriblement bête et simpliste de rejeter Kipling comme un raciste ». Elle ajoute : « Certes, sa politique était impérialiste, mais ce n’est que la moitié de l’histoire. Il a écrit des choses merveilleuses et était un conteur magique, même s'il n’écrivait pas toujours des poèmes édifiants. » Cela dit, « If n’est pas un poème raciste. C’est un poème de bon conseil. Personnellement, je ne l’aime pas, mais il est très porteur de sens pour bien des gens. »


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L’Université de Manchester a déclaré que le syndicat était géré de manière indépendante et qu’elle n’avait aucun commentaire à ajouter. Cette affaire survient alors que les étudiants réclament que plus d’auteurs issus de minorités noires et ethniques soient étudiés à l’université, dans un mouvement de « décolonisation » de leur parcours.




Commentaires

Décidément ! Kipling, mais aussi Loti, Céline, Tintin récemment et encore d'autres à venir. On repeint l'Histoire et la littérature, on badigeonne les auteurs déclarés ne pas avoir été en avance sur leur époque, on ripoline pour des graffitis vénéneusement pleins de bonnes intentions…

Surtout ne pas publier en face ou à côté, mais cacher, occulter, mépriser. Ça commence à sentir un peu le « Fahrenheit 451 », le parfum éternel de tous les purs.

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