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Menace de fermeture d'un prestigieux café à Rome

Louis Mallié - 10.03.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Rome - Ungaretti - Fellini


À Rome, une pétition pour empêcher la fermeture du Café de la Paix a été mise en place. « Un café sans paix » peut-on lire sur une affiche postée devant l'établissement, au dessus d'une inscription appelant touristes et Romains à venir signer. « Nous sauvons l'établissement d'Ungaretti, de Fellini, et Monicelli », déclarent les signataires.

 

 

 

 

L'initiative s'inscrit en réaction contre l'ordre d'expulsion dont le café est victime. Elle s'ajoute à la vaste mobilisation sur internet via tweeter et les réseaux sociaux, où de nombreux messages de soutien, joints à des photos du café, ont fleuri.Une pétition visant à réunir 10 000 signatures circule également sur le site du café.

 

La requête s'adresse directement au ministre des Biens culturels Giorgio Franceschini. Les nombreuses réactions contre la fermeture du café ont fait de l'ordre d'expulsion une affaire d'envergure nationale : jeudi se sont réunis dans le palais sénatorial, l'adjoint au maire Luigi Nierdi, le vice-président vicaire de l'assemblée du Capitole Franco Marino et le président de l'Association des Boutiques Historiques, Giulio Anticoli pour débattre du sort de l'établissement. Au cours de la réunion a même été évoquée la possibilité de faire une motion au tribunal Giulio Cesare. 

 

Situé au coeur de la capitale, l'Antique Café de la Paix est un lieu de prestige intellectuel de la ville. Outre plusieurs noms célèbres des arts et lettres italiens qui s'y sont assis, c'est encore un lieu apprécié par les célébrités de tous bords : Madonna ne peut résister à l'attrait de l'établissement chaque fois qu'elle passe par Rome, pas plus que l'ancien président américain Bill Clinton, ou encore Monica Bellucci, Robert de Niro, Mel Gibson, Spike Lee et même naguère le pape Jean-Paul II. 

 

L'ordre d'expulsion est le fruit d'une longue querelle qui oppose le propriétaire de café et celui du bâtiment.  La sénatrice du Parti démocrate (auquel appartient Franceschini) Daniela Valentini, signataire de la pétition, dénonce que  « Le café de la paix , situé dans un immeuble appartenant à l'institut germanique Santa-Maria dell'Anima est scandaleusement expulsé du bâtiment où il a vécu depuis plus de cent ans, pour faire place à quelque chose qui ne fera que diminuer les lumières d'une belle place où Ungaretti Monicelli et bien d'autres ont consommé leur thé, peut-être inspiré par les lieux »