Mitterrand en visite sur le chantier des futures Archives nationales

Clément Solym - 03.12.2011

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Archives nationales - Frédéric Mitterrand - Seine-Saint-Denis


C'est au coeur de la Seine-Saint-Denis que les nouvelles Archives nationales se situeront. Les travaux entamés à Pierrefitte-sur-Seine se poursuivent, avec la visite récente du ministère de la Culture, avant que le public ne puisse le découvrir, à l'horizon 2013...

Le bâtiment est impressionnant, voire massif : 38 mètres de hauteur, entièrement conçu par l'architecte Massimiliano Fuksas, et avec déjà 26 mois de travaux. Et la visite du ministre en goguette donne ainsi l'occasion à l'artiste de donner quelques précisions sur son projet, rapporte l'AFP. « C'est comme un grand coffre métallique précieux, à la fois lumineux et fermé, où seront abritées les archives », précise-t-il.

En tout, 320 kilomètres de rayonnages, avec 220 magasins d'archives, à travers les onze niveaux. De quoi largement stocker, entreposer et conserver. Et surtout, assurer la continuité du projet impulsé en mars 2004 par Jacques Chirac, qui avait finalement confié cette réalisation à l'archi l'année suivante, en mandatant le groupe Bouygues pour la réalisation.

 

 

Première pierre posée par le ministre en septembre 2009

 

« En implantant le vaisseau amiral de ce nouveau dispositif des Archives nationales en Seine-Saint-Denis, c'est de fait le choix du Grand Paris qui a été fait, avec une qualité de desserte qui permet l'accès de publics différents, chercheurs, historiens, comme publics de proximité » a pour sa part commenté le ministère, pour qui : « C'est un symbole fort de reconquête de l'idée de la cohésion de toute cette mégalopole de douze millions d'habitants. »

 

La masse d'archives à conserver, l'ampleur des surfaces, la diversité des paysages environnants ont constitué autant de défis pour les architectes appelés à concourir. Massimiliano Fuksas a bâti son projet sur une analyse de la géographie des lieux et des différentes échelles du site, à la recherche d'un dialogue avec la ville environnante. Le bâtiment est organisé en deux parties. Á l'est, un bâtiment « bien ancré au sol, imposant, réfléchissant et précieux » héberge les magasins d'archives et la grande salle de lecture. Haut de 42 mètres, long de 180, il est habillé d'une peau en aluminium qui s'effiloche avec une trame en losange au niveau de la salle de lecture et des circulations.


Á l'ouest, des volumes légers et transparents, suspendus, contiennent les espaces d'accueil et les bureaux. L'ensemble de ces volumes se multiplie dans un jeu de réflexion sur la façade en aluminium du bâtiment d'archives ainsi que sur les bassins d'eau. (voir le site des archives)

 

Le maire de la ville s'était évidemment déplacé pour accueillir le ministre, et saluer ce renouveau pour Pierrefitte. De quoi donner une nouvelle vie au quartier en friche. Tout en montrant que la banlieue peut également accueillir les documents, en toute confiance, que l'État va lui remettre.

 

D'ailleurs, le ministre insiste : ce déplacement des archives ne va pas abandonner les actuelles Archives, mais bien au contraire, leur offrir une « nouvelle naissance ». « C'est permettre à ce superbe ensemble patrimonial d'être restauré, repensé et ouvert au public », conclut-il.