Miyazaki : le Japon ne prépare assez les enfants à un 'avenir incertain'

Clément Solym - 21.11.2008

Patrimoine et éducation - A l'international - hayao - miyazaki - virtuel


L'AFP a rapporté les propos de Hayao Miyazaki, un des plus grands maîtres de l'animation japonaise. Celui-ci a levé la voix contre l'enfermement des enfants dans des mondes virtuels et contre la politique de l'État qui ne fait rien pour les préparer à leur avenir bien réel lui.

Il a déclaré : « Face à un avenir incertain, il faut aider nos enfants à développer leurs capacités innées » ajoutant « Avant d'apprendre à un petit à lire et à écrire, il faut lui donner les moyens d'affronter l'univers ».

Le Japon ne s'intéresse pas assez à ses enfants ?

Puis il s'est retourné contre le gouvernement du Japon affirmant que : « La politique de ce pays n'est en rien pensée pour les enfants, pour leur permettre de se préparer à l'avenir incertain ». Selon le maître de l'animation « Le rôle de l'État n'est pas de construire des routes et des ponts pour des raisons purement économiques, mais de créer un environnement pour permettre aux nouvelles générations de se prémunir ».

Rappelant que « La guerre nous a enseigné que la ville ou la nation que l'on aime est susceptible de commettre quelque chose de mal », il exhorte à « libérer nos enfants des discours nationalistes et autres propos ridicules ».

Il conclut en expliquant que : « En vérité, le monde dans lequel évoluent actuellement les enfants est virtuel, et mes dessins animés en font partie, au même titre que la télévision, les jeux vidéo, les e-mails, les écrans des téléphones portables, les mangas ».

Quand le virtuel devient plus fort que le réel

Il est vrai que le virtuel tient une place importante au Japon. Et le maître ne s'alarme certainement pas pour rien, rappelez-vous qu'un homme a mis une pétition en place pour demander au gouvernement d'autoriser le mariage avec des êtres virtuels. Il s'agissait en l'occurrence de personnages de manga.

Un grand nom de l'animation qui s'oppose au virtuel c'est assez étonnant. Hayao Miyazaki en a conscience et cette position n'est pas confortable pour lui. « C'est un vrai dilemme pour moi de penser que je contribue à dépouiller les jeunes générations de leur aptitude à se frotter au milieu réel, et chaque fois je m'interroge sur la suite, sur ce que je dois faire ».

Il n'abandonnera pas pour autant son activité, qui lui apporte une grande satisfaction : « En même temps, je suis heureux si un film reste gravé pour la vie dans la mémoire d'un enfant, alors je continue ».