Mort d'Elie Wiesel, “défenseur infatigable de la paix”

Nicolas Gary - 03.07.2016

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Élie Wiesel, survivant de l’Holocauste, lauréat du prix Nobel de la Paix est décédé à l’âge de 87 ans. Célèbre écrivain, il avait travaillé à garder vivante la mémoire de juifs disparus dans les camps et morts au cours de la Seconde Guerre mondiale. Wiesel s’est éteint dans sa maison de Manhattan. Citoyen roumain naturalisé américain, il livra un bouleversant témoignage avec Night, livre qui détaille sa propre expérience d’Auschwitz.

 

Elie Wiesel

Veni, CC BY 2.0

 

 

Salué par le premier ministre Benjamin Netanyahu comme « un phare de lumière et un exemple pour l’humanité, qui a cru que l’homme est bon », Elie Wiesel avait remporté le prix Nobel de la Paix en 1986. C’est son implication dans le travail d’hommage et de mémoire aux victimes qui avait été tout particulièrement salué. Il incarna une lueur, ajoute Netanyahu, « dans l’obscurité de l’Holocauste, où six millions de nos frères et sœurs périrent ».

 

Mais Wiesel fut également impliqué dans de nombreuses autres causes : peu après la réception de son Nobel, il fonda avec sa femme, Marion, la Fondation Elie Wiesel pour l’Humanité, avec la mission de « combattre l’indifférence et l’injustice à travers un dialogue international et des programmes accès sur la jeunesse, qui favorisent l’acceptation, la compréhension et l’égalité ». 

 

Les Américains se souviendront également qu’il avait accompagné la célèbre présentatrice Oprah Winfrey, en 2006, dans un retour sur les lieux d’Auschwitz. Il était arrivé dans le camp à l’âge de 15 ans, avec le numéro 1-7713 tatoué sur le bras gauche. 

 

 

 

De la part des différents chefs d’État, à travers le monde, les messages n’ont pas manqué. François Hollande évoque « un homme universel qui avait une relation particulière avec la France ». Après la première publication du livre Nuit, avec l’éditeur Jérôme Lindon, il créa en effet l’Académie universelle des cultures en 1992. « Défenseur infatigable de la paix », Wiesel fut de nombreuses fois remercié pour avoir donné une voix à la tragédie. 

 

 

 

A une époque où le monde n’était pas encore prêt ni peut-être disposé à découvrir et se rappeler de ce que fut l’horreur des camps, Elie Wiesel apporta la simple réponse de ce livre. Une cérémonie publique doit avoir lieu, mais l’enterrement sera réalisé en privé, a assuré la famille. 

 

Audrey Azoulay, ministre de la Culture, a adressé un message :

 

Elie Wiesel, Prix Nobel de la Paix 1986, homme au regard si doux, avait connu le pire de ce que l'humanité peut produire, mais avait fait de sa vie une victoire. Il avait gardé confiance en l'homme, défendu ses droits dans les tribunes internationales comme ses livres. 

Après Auschwitz, Elie Wiesel n’a eu de cesse de témoigner. Comme journaliste d’abord, puis comme écrivain de langue française, lorsqu’à 30 ans il évoque son expérience dans « La Nuit » - le premier, et combien poignant, d’une longue suite de romans : « Le Mendiant de Jérusalem » (prix Médicis 1968), « Le Cinquième Fils », « Un désir fou de danser », « Le cas Sonderberg » (2008).

Sa voix prend toute sa résonance lorsque, devenu citoyen américain en 1963 et parallèlement à sa carrière d’universitaire, il commence une oeuvre de "soldat de la paix ".