Mozart, Beethoven, Mahler et Wagner : Redécouvrir Philip K. Dick

Louis Mallié - 21.05.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Philip K. Dick - Musique classique - Science-fiction


Quelle musique écoutait Philip K. Dick, en écrivant  Ubik, Valis ou Do Androids dream of Electric Sheep ? Ni rock progressif, ni métal industriel, ni même musique expérimentale. Alors que son esprit voyageait dans un futur distopique, c'étaient Mozart, Beethoven, Mahler et Wagner qui remplissaient l'atmosphère du bureau de l'auteur décédé en 1982...

 

 

 Philip K. Dick,

Peter Welch, CC BY-SA 2.0

 

Ceux qui ont parcouru son oeuvre se souviennent peut-être d'avoir croisé les compositeurs à plusieurs reprises. Car l'auteur ne s'est pas contenté de citer Der Ring de Nibelungen de Wagner ou la Missa Solemnis de Beethoven en exergue d'Ubick et de The Maze of Death. La musique a souvent occupé un un rôle presque sacré dans les romans, une allusion la ramenant régulièrement dans l'intrigue. Dans The Game-Players of Titan, on trouve par exemple un adolescent payant 125 $ pour le vieil enregistrement d'un aria de Puccini...

 

The Preserving Machine  place même la musique au centre de la narration. On y trouve Doc Labyrinth, un scientifique inquiet de la décadence du monde occidental... Il décide alors d'inventer une machine conservant la musique classique en la matérialisant dans des animaux ! Les oeuvres de Bach se transforment donc en une multitude de scarabées, celle de Schubert en agneau, et ainsi de suite. Toutefois, la machine n'est pas parfaite, et peu à peu, les créatures se corrompent au contact avec le monde, dévorant leurs semblables. Lorsque les animaux sont placés dans la machine pour retranscrire la musique, il n'en résulte qu'un ensemble chaotique.

 

S'inspirant d'un article publié par le musicien Andrew May qui établissait la liste des classiques favoris de l'écrivain, le site Media Bistro avait retrouvé les liens Spotify de chacun d'eux. Open Culture est allé plus loin, s'amusant à compiler dans une playlist de 11 heures l'ensemble des pièces de musique. Au programme - avec un goût fort prononcé pour Beethoven : La flûte enchantée, Les variations Goldberg, la Missa Solemnis, Fidelio, la symphonie n°2 de Mahler, ou encore Parsifal. 

 

L'éclectisme des auteurs surprendra toujours. Et pour ceux qui souhaiteraient tenter d'établir des correspondances :