Objectif Peillon : 60.000 postes et une rentrée scolaire

Clément Solym - 04.09.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Vincent Peillon - François Hollande - Rentrée 2012


C'est la rentrée des classes ce mardi matin, pour 12 millions d'élèves de maternelles, collèges et lycées. La bonne nouvelle pour cette année, une semaine de gagnée pendant les vacances de la Toussaint, la réforme des programmes des terminales (voir notre actualitté), la création de postes après leur suppression et la multiplication des stages en 2013. La rentrée cela représente 6,7 millions de petites têtes en primaire, 3,3 millions de collégiens et 2,1 millions de lycéens dans les établissements publics et privés confondus. Et le tout pour 850 000 professeurs. Et comment réformer avec 5 professeurs pour 100 élèves ?

 

 

 

 

La réforme du lycée entend mieux préparer les élèves à l'enseignement supérieur, améliorer l'orientation est un premier un défi et il y aura plus d'assistants chargés de prévention et de sécurité pour entourer les jeunes. En primaire, la priorité pour le gouvernement est de minimiser l'échec scolaire, qui commence tôt avec 40 % des enfants qui ne savent pas bien lire, ni compter en arrivant en sixième. La France possède un taux d'encadrement dans les écoles qui reste le plus faible, parmi 34 pays de l'Organisation de la Coopération et de Développement (OCDE), comme le rapporte l'AFP.

 

François Hollande a plaidé lundi dernier au collège Youri Gagarine à Trappe, dans les Yvelines, pour un « renforcement des liens entre écoles primaires et collèges », il faut plus de continuité dans le parcours. Et si l'on commence par le début, c'est mieux « Une fois que les conditions de la réussite auront été posées, c'est tout le reste du cursus scolaire qui en sera transformé ». Les enseignants débutants ne commenceront donc pas par le CP, classes qui devront être confiées à des enseignants expérimentés, d'après Vincent Peillon.

 

Le gouvernement sortant avait programmé 14 000 suppressions de postes pour cette année et le nouveau gouvernement a décidé d'en réinjecter 1 000 en primaire, dans les établissements publics, essentiellement dans les zones difficiles et rurales. Il n'est en revanche question que de 70 postes concernant le secteur privé.

 

Pour le secondaire, 75 conseillers principaux d'éducation et 280 professeurs (postes déjà budgétés, mais non pourvus). L'accueil des élèves handicapés sera renforcé par la création de 1500 auxiliaires de vie scolaire individuels (AVSi), en revanche l'accueil des enfants de moins de trois ans risque d'être difficile pour cette année. La part de scolarisation des enfants de 2 ans est passée de 34,5 % en 2000, à 12,6 % à la rentrée de 2010. François Hollande a promis de prendre des mesures pour favoriser cela.


Et si le programme a changé au lycée pour le Bac 2013, le programme concrètement pour le gouvernement, ça donne ça : le premier ministre Jean Marc Ayrault se rend aujourd'hui dans une école primaire à Aubevoye dans l'Eure, accompagné de Vincen Peillon et de George Pau-Langevin, ministre délégué à la réussite éducative. Une concertation avait été lancée en juillet dernier pour refonder l'école et un rapport sera rendu avant mi-octobre, formant la base de la préparation d'un projet de loi d'orientation et de programmation. Celui-ci ne tardera pas être déposé d'ici fin novembre.


Il s'agit de repenser une formation pédagogique des enseignants et de créer 60 000 postes d'ici la fin du quinquennat. Les professeurs bénéficieront de stages « plus nombreux et encadrés » en 2013. À la rentrée 2014, les nouveaux professeurs auront été formés dans les Ecoles supérieures du professorat, une autre priorité pour Vincent Peillon. En effet, avec le gouvernement de droite cette formation initiale avait disparu. Conséquence : 70 % des nouveaux enseignants se retrouvaient devant leurs classes sans formation pédagogique, selon la Cour des comptes. Les enseignants débutants n'enseigneront plus que 15 heures par semaine, au lieu de 18 heures.