Offrez-vous deux aquarelles originales du Petit Prince

Victor De Sepausy - 12.06.2017

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Retour dans le monde merveilleux du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry : la maison Artcurial proposera ce 14 juin de retrouver des pièces d’exception dans le cadre d’une vente. Deux aquarelles de l’édition originale seront proposées, ainsi que des dessins préparatoires, racontant la genèse de l’histoire. 


Antoine de Saint-Exupéry, Aquarelle originale utilisée pour l’illustration du Petit Prince, encre brune et aquarelle sur papier pelure, estimation : 110 000 — 140 000 €
 

 

Les provenances sont les plus pures qu’on puisse rêver : les deux aquarelles sont issues de la succession de Consuelo de Saint-Exupéry, son épouse. Elle les ramena en France en 1946. L’édition originale parut le 6 avril 1943. Elle fut imprimée en anglais à 525 exemplaires, et en français à 260 exemplaires.

 

Elle a servi à l'illustration en noir et blanc de la page 24 de l'édition originale. Elle fut peinte par Antoine de Saint-Exupéry pour illustrer le texte du chapitre VI que les éditeurs choisirent d'imprimer en partie sur le dessin lui-même, en supprimant pour ce faire trois morceaux du pourtour de la planète. Le Petit Prince y est représenté assis sur une chaise, contemplant un soleil rougeoyant qui disparaît derrière des fleurs et des joncs.

 

Antoine de Saint-Exupéry les signa juste avant de quitter l’Amérique pour rejoindre l’Afrique du Nord. Il ne revint jamais aux États-Unis. Gaston Gallimard réalisa la première édition française du Petit Prince en 1945 : il dut copier les illustrations des éditions américaines puisqu’il n’avait pas accès aux originaux restés outre-Atlantique auprès de Consuelo.

La seconde aquarelle a été, elle aussi, réalisée sur une feuille de papier pelure (27,8 x 21,4 cm) montée sur carton. Elle est estimée 92 000-110 000 €


 

Elle a servi à l'illustration de la page 71 de l'édition originale. Elle y est reproduite dans des couleurs différentes, ce qui laisse à penser que les éditeurs modifièrent ici les coloris originaux de l'aquarelle, sans toucher au dessin.

Elle fut peinte par Antoine de Saint-Exupéry pour illustrer un passage situé plus en amont, au chapitre XX, au moment où le Petit Prince découvre amèrement « un jardin fleuri de roses » semblables à la sienne.

Puis il se dit encore « Je me croyais riche d'une fleur unique, et je ne possède qu'une rose ordinaire. Ça et mes trois volcans qui m'arrivent au genou, et dont l'un, peut-être, est éteint pour toujours, ça ne fait pas de moi un bien grand prince...» Et, couché dans l'herbe, il pleura.
 

La suite de 11 dessins préparatoires provient de Silvia Hamilton, l’amie de cœur d’Antoine de Saint-Exupéry, rencontrée à New York à qui il les confia avant son départ. Elle les conserva jusqu’en 1976, année où ils prirent place dans une collection du sud-ouest de la France jusqu’à ce jour. Cette suite constitue certainement le seul ensemble encore en mains privées de dessins préparatoires à l’illustration du Petit Prince.

 

L’écrivain-pilote avait remis à Silvia Hamilton le manuscrit original du Petit Prince et un ensemble de dessins préparatoires en majorité aquarellés, en grande partie conservés à La Morgan Library qui les acquit auprès d’elle en 1968.

 

Le Petit Prince, joyau universel, est une œuvre au destin planétaire. Elle a été traduite en 270 langues, a fait l’objet de plus de 1 300 éditions et compte plus de 145 millions de lecteurs. 

 

Cet ensemble est couronné par la dernière lettre de l’écrivain-pilote, écrite la veille de sa mort à son ami Pierre Dalloz, d’une superbe intensité dramatique. Elle se termine avec ces mots : « Si je suis descendu je ne regretterai absolument rien... Moi j’étais fait pour être jardinier. »