Opéra pour le Tractatus logico-philosophicus de Ludwig Wittgenstein

Clément Solym - 02.08.2016

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Il était opposé au port de la cravate, ce qui le rendrait plutôt sympathique : Ludwig Wittgenstein fut un philosophe originaire d’Autriche, mais devenu britannique. Ses champs de réflexion portaient sur la logique, les mathématiques et la philosophie du langage. Tout cela est réuni dans le Tractatus logico-philosophicus, un ouvrage épuisant... dont on n’aurait pas forcément eu l’idée de faire un opéra...

 

LUDWIG WITTGENSTEIN ( Austrian-English Philosopher and Writer)

NC Mallory, CC BY ND 2.0

 

 

Pour cet ouvrage, Ludwig Wittgenstein avait proposé à son éditeur de laisser des pages blanches, à la fin, pour que le lecteur puisse cracher sa colère de n’y avoir rien compris. Une preuve parmi d’autres, et un paradoxe parmi d’autres, alors que l’ouvrage réunit un faisceau complexe de réflexions sur le sens et ses limites.

 

Alors un opéra ? C’est que le livre est truffé d’aphorismes, et fait référence, autant qu’appel, à des musiciens et des compositeurs. Poème symphonique, que ce Tractatus ? Beaucoup l’ont dit, quand on se souvient que le philosophe portait à la musique une attention proche de la mystique. Fan de Franz Schubert, il n’hésitait jamais à rapprocher sa pensée de morceaux musicaux, pour étayer ses arguments. Nietszche ne faisait pas autrement...

 

Articulé autour des propositions philosophiques, Balduin Sulzer a composé un « opéra de femme », porté par la voix d’Anna Maria Pammer. Une approche lyrique forte, toutefois.

 

 

Et la liste des propositions

 

1 — Le monde est tout ce qui a lieu.

2 — Ce qui a lieu, le fait, est la subsistance d’états de chose.

3 — L’image logique des faits est la pensée.

4 — La pensée est la proposition pourvue de sens.

5.133 — Toute conséquence est conséquence a priori.

6.021 — Le nombre est l’exposant d’une opération.

7 — Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. (qui est la dernière phrase du livre...)

 

via Open Culture