Patrimoine français : les œuvres immatérielles, contre l'oubli

Auteur invité - 02.11.2020

Patrimoine et éducation - Patrimoine - œuvres immatérielles - Stéphane Bern patrimoine


Les Français sont viscéralement attachés au patrimoine qui est à la fois l’identité et l’âme de notre pays, le lien avec les racines qui plongent au plus profond de l’Histoire, et un éventail de trésors architecturaux que le monde entier nous envie. Mais, au fond, qu’est-ce que le patrimoine ? 

Stéphane Bern, dans son ouvrage Le patrimoine de la France pour les nuls, en propose un panorama ambitieux. En partenariat avec les éditions First, ActuaLitté vous propose de découvrir quelques extraits, à commencer par… l’immatériel. 

Blaise Pascal, Lettre au Père Étienne Noël, 29 octobre 1647, copie manuscrite, avant 1662 - Exposition Blaise Pascal à la Bibliothèque nationale de France
 

En évoquant ces objets constituant notre patrimoine, il a été question des manuscrits médiévaux. Les supports écrits ont une double valeur patrimoniale. Ils sont précieux en tant qu’objets, et cela en proportion de leur ancienneté et de leur rareté, mais aussi en raison de l’œuvre qu’ils contiennent. Car les œuvres immatérielles, romans, opéras, pièces de théâtre ou films ne sont pas sujets à la dégradation du temps, du moment qu’il en existe plusieurs copies.

Seul l’oubli pourrait les menacer. Les œuvres les plus anciennes nous sont parvenues par le biais d’inscriptions, de tessons, de papyrus ou de parchemins. La Gaule ne connaît pas de réel système d’écriture avant l’occupation romaine. Par la suite, les œuvres sont essentiellement conservées dans les scriptoriums des monastères et recopiées à la main, chaque exemplaire étant unique ! Les œuvres écrites sont alors aussi rares que coûteuses.
 
Au milieu du XVe siècle, l’invention de l’imprimerie révolutionne l’écrit. Désormais, les œuvres peuvent être indéfiniment recopiées, et si le livre peut constituer un objet de collection, l’œuvre, elle, s’affranchit de son support. Cette tendance ne fera que croître avec les progrès de l’imprimerie, jusqu’à la dématérialisation totale des œuvres à l’ère numérique.

Les bibliothèques, cependant, restent de précieux lieux de conservation des savoirs et des créations, tant musicales que littéraires. 
 

Le saviez-vous ?


La Bibliothèque nationale, située à Paris, joue un rôle particulier de conservation et de diffusion à grande échelle de notre patrimoine écrit. Elle est l’héritière des collections royales accumulées depuis la fin du Moyen Âge. Sa mission est de « collecter, cataloguer, conserver, enrichir et communiquer le patrimoine documentaire national.

La BnF assure l’accès du plus grand nombre aux collections sur place et à distance et développe la coopération nationale et internationale ». Elle comporte notamment un département des manuscrits et un département de la musique.

Quant à la nature des œuvres elles-mêmes, il n’est pas question d’en faire ici un inventaire, de toute façon impossible. Évoquons simplement la richesse de notre littérature, depuis les chansons de geste médiévales jusqu’aux très nombreux écrivains contemporains, qui portent au sommet l’un de nos plus précieux patrimoines ; la langue française.

La littérature est d’ailleurs l’un des moyens les plus éprouvés d’exportation de la culture française, portée par plus de 250 millions de francophones.


Stéphane Bern Stéphane Martinez – Le patrimoine de la France pour les nuls  – First – 9782412047071 – 22,95 €


photot d'illustration : Blaise Pascal, Lettre au Père Étienne Noël, 29 octobre 1647, copie manuscrite, avant 1662 - Exposition Blaise Pascal à la Bibliothèque nationale de France – ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
Alors là je me pince...!

Donc les films ne seraient pas sujets à la dégradation du temps ?

Mais il existe des foules de films disparus !

Et d'autres dont il ne reste qu'un seul exemplaire connu en mauvais état sans possibilité de rénovation vu le coût énorme d'une telle opération de sauvetage.

Les budgets publics alloués pour une telle tâche ne peuvent hélas concerner qu'un très maigre pourcentage de l'ensemble des films qui en l'état sont invisibles.

Sans compter ceux qui ont disparu à jamais.

Des passionnés peuvent se regrouper et mutualiser les frais pour sauver des films de la disparition: je pense évidemment à Celluloid Angels.

Ou à des sociétés comme Lobster Films qui accomplit un travail de restauration plus que remarquable.

J'ajoute que la vidéo des premières années s'est souvent très mal conservée et donc de nombreux documents de toutes sortes de l'ère numérique du début sont à peu près ou totalement invisibles !

Non le patrimoine immatériel n'est pas en sécurité bien au chaud (ou plutôt au frais !) en sa totalité: ce serait bien trop beau...

CHRISTIAN NAUWELAERS
Les romans, opéras, pièces de théâtre ou films du "patrimoine immatériel" ! Je me pince aussi. Stéphane Bern aurait intérêt à réviser la définition de l'UNESCO en matière de Patrimoine culturel immatériel qui fait désormais autorité. Musiques de traditions orales, danses, contes et poésies orales savoir-faire, rituels et manifestations festives, langues minorisées, voilà des patrimoines qui peuvent être pour certains en grand danger de disparition.
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