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Patti Smith et le Journal du voleur de Genet : “Chaque page était un miracle”

Antoine Oury - 17.08.2018

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Au cœur de l'hiver 1968, une jeune femme découvre un texte qui ne la quittera jamais. Cette femme, c'est Patti Smith et ce texte, le Journal du voleur de Jean Genet. La poésie de l'auteur, confie la chanteuse et poète elle-même, l'a poussé à écrire. Et l'éthique subversive des rejetés de la société exprimée par Genet dans le livre a définitivement marqué son existence.


Patti Smith
(Blondinrikard Fröberg, CC BY 2.0)


Dans un article intitulé « Désobéissance sacrée » et publié dans The Paris Review, Patti Smith rédige un vibrant hommage au texte de Jean Genet, publié en 1949 en France mais uniquement traduit en 1964 aux États-Unis grâce à la maison d'édition Grove Press. Quatre ans plus tard, Patti Smith découvre à son tour le texte de l'écrivain français, acheté pour 99 cents au Eighth Street Bookshop de Greenwich Village.

« Je suis retourné fissa en métro à l'appartement que je partageais alors avec Robert Mapplethorpe à Brooklyn. Cette nuit-là, j'ai lu le livre à Robert alors que la neige tombait », se souvient Patti Smith qui vivait alors une relation fusionnelle avec Mapplethorpe, talentueux photographe.

Le récit de Genet, qui plonge dans les milieux interlopes et va de figures solaires en loosers magnifiques, en passant par de petits escrocs médiocres, a un effet incroyable sur les deux jeunes New-Yorkais. « Pour moi, chaque page était un miracle, et, pour Robert, un portail vers un monde qu'il dessinait clandestinement et qu'il immortaliserait bientôt par l'image. »

Smith confesse : « La poésie de Genet m'a menée à l'écriture, son imagerie a conduit Robert à l'appareil photographique. »

Lorsqu'elle quitte New York pour Detroit, en 1979, Smith glisse parmi ses quelques affaires son exemplaire du Journal d'un voleur. Après avoir relu l'ouvrage, elle se lance dans un voyage vers la Guinée française, en Afrique de l'Ouest, pour marcher sur les traces du personnage. À Saint-Laurent-du-Maroni, Smith collecte quelques pierres, vestiges d'une ancienne prison, et compte les remettre à Genet lui-même. 
 

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Mais l'écrivain meurt avant qu'elle puisse lui transmettre son présent : elle les enterre non loin de sa tombe, au Maroc. Son oeuvre lui survit, bien sûr, ainsi que l'admiration de Patti Smith pour son écriture : « Chaque mot écrit dans le Journal d'un voleur est conscient, tandis que, pierre par pierre, Genet nous entraîne dans sa triade de transgression, de criminalité et de trahison, transfigurée en amour à travers sa plume. »

L'article complet est disponible, en anglais, sur le site de The Paris Review.


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