Pays-Bas : les universités posent un ultimatum à Elsevier

Antoine Oury - 16.01.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - Pays-Bas universités - Elsevier édition scientifique - open access accès ouvert


Dès le mois de novembre 2014, l'association des universités néerlandaises, chargée de mener les négociations avec les éditeurs académiques et scientifiques, annonçait un échec complet des discussions avec Elsevier. L'éditeur néerlando/britannique, dont la maison-mère Reed Elsevier affiche de bons résultats, se refuse à faire des efforts sur l'open access pour ses publications.

 


Teaching Open Source Practices, Version 4.0 (high res)

(opensource.com, CC BY-SA 2.0)

 

 

L'association des universités, VSNU, est particulièrement décidée à faire céder l'éditeur : elle peut faire valoir le soutien du gouvernement néerlandais, et notamment du Secrétaire d'État à l'Éducation supérieure Sander Dekker, qui souhaite développer peu à peu l'accès ouvert aux publications de recherches financées par l'argent public. 

 

Le gouvernement attend 60 % des publications scientifiques des Pays-Bas en accès libre d'ici 5 ans, et 100 % dans 10 ans. Environ 50.000 articles sont publiés chaque année, dans le pays.

 

Gerard Meijer, directeur du conseil d'administration de l'université de Radboud et porte-parole de la VSNU, a lancé l'appel : « Si Elsevier ne cède pas, nous commencerons le boycott cet été », a-t-il promis. La VSNU promet qu'elle a les moyens de compliquer la vie de l'éditeur, en invitant les chercheurs à démissionner des différents postes qu'ils occupent chez l'éditeur, à cesser la critique des articles de leurs pairs, et bien sûr à ne plus publier au sein des journaux d'Elsevier.

 

Pour le moment, les universités sont toujours sous contrat avec Elsvier, suite à une extension d'un an supplémentaire. Mais le renouvellement pour deux ans, qui devait s'effectuer en novembre pour plus de 2000 titres, n'a toujours pas été conclu.

 

En début d'année, Elsevier a annoncé le lancement d'un titre open access, interdisciplinaire, pour mettre un pied dans ce nouveau modèle économique pour les publications. Mais n'a visiblement pas convaincu tous les chercheurs.