Pécresse déclare la guerre à l'absentéisme universitaire

Clément Solym - 29.04.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - etudiants - absentéisme - universités


L'absentéisme universitaire a un coût que la ministre Valérie Pécresse souhaite ardemment diminuer : « On a des amphis pleins en début d'année et vides à la fin. Les étudiants sont des chiffres et vivent dans l'anonymat le plus complet », constate-t-elle, non sans motif. Comment comprendre dans ce cas l'engouement pour l'université après le bac ? Car « il faut veiller à ce que les critères de financement soient plus justes ».

La méthode dite Sanremo, qui gère les fonds attribués serait alors profondément remaniée, en vertu des propositions faites par une mission parlementaire qui livrera ses observations cet été.

La fin des étudiants « courants d'air »

Les universités grossiraient en effet les rangs, pour s'attirer les faveurs financières de l'État, jouissant ainsi d'une prime pour effectif nombreux, pour laquelle on serait prêt « à attirer beaucoup d'étrangers sans trop vérifier leur niveau ». Selon quelques premiers chiffres d'un rapport de 2006, de 10 à 20 % des étudiants de la Sorbonne Paris IV n'ont pas vu l'ombre d'une salle de cours.

On s'inscrit pour les avantages liés au statut d'étudiant, moins que pour l'enseignement, ce qui procure à l'université une dotation de 150 € par tête d'inscrits.

Les « étudiants fantômes », sans draps, mais vrais boulets ?

Ainsi, le premier point serait de valider la présence et réduire le financement universitaire selon un critère de présence aux examens et non plus d'inscriptions. Un nouveau financement devrait donc être réalisé « comme tout le reste de l'Europe, sur le nombre d'étudiants qui passent un examen et pas sur le nombre d'inscrits », estime la ministre de l'Enseignement supérieur. De fait, « il faut un intérêt financier pour les universités à amener les étudiants jusqu'à leurs examens ».

Côté scientifique, elle affirme qu'en l'espace de 20 ans, alors que le nombre d'étudiants n'augmentait que de 8 %, les universités ont vu l'effectif professoral d'enseignants chercheurs grimper de 18 %. Après le nouveau calcul des bourses universitaires, ciblant les étudiants, on s'attelle désormais aux universités elles-mêmes.

Le directeur général de l'Enseignement supérieur, Bernard Saint-Girons, estime que cette mesure « devrait permettre de corriger les inégalités historiques de dotation entre les universités, même si l'objectif n'est pas de lisser tous les écarts ». Bien évidemment, lettres et sciences n'ont pas les mêmes exigences financières, de même que les pierres où les cours sont dispensés réclament plus d'attention selon leur âge...