Pécresse et Chatel se déclarent opposés à l'examen d'entrée en 6ème

Clément Solym - 28.10.2010

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - examen - entrée - classe


Prenant le contre-pied des réformes en cours depuis 2005 pour changer fondamentalement le mode d’évaluation des élèves, Jean-François Copé avait proposé, au sein d’une interview donné au Parisien dimanche, de mettre en place un examen d’entrée en sixième.

Deux jours après, les réactions pleuvaient à gauche et tous de dénoncer le retour déguisé de l’antique certificat d’étude, ce dont Jean-François Copé se défendait bien. Mais, plus curieux, c’est au sein même de la majorité que des voix discordantes se font à présent entendre.

Invité d’RMC mercredi matin, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, s’est elle aussi démarquée du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Selon la ministre, il faut bien davantage s’orienter vers un soutien renforcé proposé aux élèves arrivant en classe de CM2.


Si l’on a mis en place des évaluations au milieu de cette année charnière, c’est bien pour s’appuyer dessus afin de remédier aux situations les plus critiques. Pour Valérie Pécresse, il faut tout faire pour que les élèves sachent lire, écrire et compter à la sortie du CM2.

Il n’est pas question d’examen sanction mais bien d’évaluation diagnostique permettant de mieux faire avancer les élèves. Quant à l’arrivée au collège, il faut revoir cette transition trop marquée pour les élèves les plus fragiles.

Quant à Luc Chatel, ministre de l’Education, il rejoint également le point de vue de Mme Pécresse. Il s’agit bien davantage d’œuvrer pour une évaluation des élèves tout au long de leur scolarité sans mettre en place de barrière à l’entrée en sixième.

Faisant le choix du socle commun, dont le texte de loi remonte déjà à 2005, ainsi que celui de l’évaluation par compétences, Luc Chatel voit comme un retour du passé une proposition d’examen à l’entrée en sixième.

Toutefois, le ministre de l’Education se montre conciliant, préparant habilement la convention sur l’éducation organisée le 3 novembre prochain par l’UMP. Selon M. Chatel, il est nécessaire que plusieurs points de vue coexistent au sein même de la majorité.