Pécresse veut ouvrir la médecine aux littéraires, au bistouri

Clément Solym - 14.10.2009

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Pécresse - ouvrir - médecine


Dans une intervention sur BFM, la ministre de l'Enseignement supérieur s'est rangée rapidement du côté de la réforme annoncée par Nicolas Sarkozy, notamment pour ce qui est de la section L. Un secteur du lycée décrit comme « en perdition », par le président, mais dont il souhaite réhabiliter la valeur pour en faire une section « d'excellence ».

« C'est évident qu'il faut revaloriser les filières littéraires. Aujourd'hui, nous sommes un des seuls pays du monde, et je le déplore, où les filières L ne sont pas toujours synonymes d'excellence et n'ouvrent pas à tous les métiers », explique la ministre, qui déplore aujourd'hui les limitations inhérentes au statut des lycéens sortant de L.

Car aujourd'hui, même « talentueux », que peut espérer un élève « littéraire » ? On lui répondrait volontiers de tas de choses - pour essayer de sortir du schéma étudiant en Lettres modernes - mais la ministre dispose d'une réponse bien archaïque et tout à fait symptomatique d'un certain état d'esprit.

« Un seul exemple : aujourd'hui, un littéraire ne peut pas devenir médecin. On est un des seuls pays du monde où la sélection pour devenir médecin est pratiquement uniquement sur les sciences. Or, la médecine, pour moi, c'est la moitié évidemment de sciences, et c'est la moitié d'humain », lance Valérie Pécresse.

Alors, quelles études faut-il avoir fait pour répondre à Mme Pécresse ? Car non contente d'enfoncer des portes ouvertes, elle enfonce le clou : « Et c'est encore pire si on imagine la psychiatrie ou des domaines où vraiment l'écoute est essentielle. » Et finalement, des réponses, elle en a plein d'autres, la pétillante ministre qui a déjà « organisé une passerelle pour aller en deuxième année de médecine quand on a un master. Mais vous voyez que la route est très longue ».

Est-on forcément enclin à souhaiter qu'un littéraire fasse médecine quand on sort de l'ENA ? D'ailleurs, pourquoi pas une passerelle de l'ENA vers le génie électronique ?