Peines et Châtiments d'autrefois : la vente aux enchères suspendue

Clément Solym - 02.04.2012

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Peines et châtiments - Frédéric Mitterrand - Fernand Meyssonnier


Après les nombreuses indignations suscitées par la vente aux enchères « Peines et Châtiments d'autrefois », une collection regroupant des instruments de torture, la maison d'enchères Cornette de Saint Cyr a décidé de suspendre cette dernière « dans un esprit d'apaisement ».

 

« Devant l'émotion suscitée par cette vente, nous avons décidé de la suspendre afin que toutes les parties concernées puissent examiner dans le calme le contenu réel de cette collection. », a déclaré la maison d'enchères.

 

 

 


Cette annonce a suivi de près celle de Frédéric Mitterand, qui s'est opposé publiquement à cette vente aux enchères dans un communiqué diffusé le 30 mars :

 

« La collection concernée relève par sa nature plus de la morbidité et de la barbarie que de la culture et soulève par sa provenance de douloureux questionnements historiques», s'était-il indigné. « Après avoir consulté l'avis du Conseil de Ventes Volontaires et informé l'étude concernée de sa vive désapprobation, le Ministre souhaite très fermement l'annulation de cette vente ».

 

Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme se sont également exprimées contre cette vente. La presse algérienne s'est également beaucoup émue de l'événement.

 

La collection, initialement prévue  pour le 3 avril 2012 à l'Hôtel Salomon de Rothschild à Paris, regroupe près de 350 objets et documents sur la torture ayant appartenu au bourreau Fernand Meyssonnier, surnommé « le bourreau d'Alger »,  qui exécuta près de 200 personnes  en Algérie entre 1947 et 1962.

 

Mercredi, le Conseil des ventes a estimé que cette vente n'était pas illégale. Elle a toutefois demandé à l'étude de veiller à ce qu'elle se déroule dans des conditions respectant « la sensibilité de chacun».