Plongée inédite dans les archives de Gabriel Garcia Marquez

Nicolas Gary - 22.10.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - Gabriel Garcia Marquez - archives université - Texas Austin


En novembre 2014, l’université d’Austin, au Texas, annonçait l’achat des archives de Gabriel Garcia Marquez, décédé en avril de la même année. Même Shakira s’était émue de cette disparition, évoquant l’œuvre du Colombien comme « un cadeau unique et irremplaçable ». Désormais, l’université américaine ouvre l’accès aux documents numérisés, après tout une année de catalogage... 

 

Gabriel et sa femme Mercedes, Bogota, 1967

 

 

Pour 2,2 millions $ (1,9 million €), l’université américaine avait acheté à la famille de l’écrivain l’ensemble des archives disponibles. Et l’Université du Texas a mis à la disposition des chercheurs des dizaines de documents, contenant des projets de manuscrits, tant pour des œuvres publiées qu’inédites. On trouve évidemment des correspondances à foison, des scénarii de films et de livres, ainsi que des objets personnels du romancier.

 

« Comme l’un de ses personnages de romans, il est maintenant entré dans un lieu hors du temps. Ce dossier est intemporel et dans les années à venir, ces éléments fourniront des informations sur l’auteur », assure Stephen Ennissi directeur du centre des archives de l’établissement. Une nouvelle manière d’entrer dans l’histoire, ajoute-t-il. « Quelque part dans ces documents, Florentino Ariza [personnage de L’amour au temps du choléra, NdR] attend toujours à l’extérieur de sa maison son premier amour ; un colonel attend patiemment son courrier hebdomadaire. »

 

Parmi les plus précieux, on retrouve, ô joie, une version à l’encre de Cent ans de solitude et cinq autres versions dactylographiées de En agosto nos vemos, un ouvrage inédit. 

 

Dans sa correspondance, on trouve trace de plusieurs échanges avec le président cubain Fidel Castro, mais également des courriers reçus de l’ancien président américain Bil Clinton. D’autres sont des discussions avec des écrivains comme Carlos Fuentes et Julio Cortazar, ou encore avec son agent, Carmen Balcells. 

 

 

Pour inaugurer cette ouverture au public, le Centre Harry Ransom qui héberge les documents a prévu un colloque du 28 au 30 octobre, qui réunira des auteurs comme Salman Rushdie, Piedad Bonnett ou Santiago Gamboa. Pour ceux qui n’auront pas la chance d’y assister, tout peut être retrouvé à cette adresse.

 

Cet achat d’archives n’avait cependant pas manqué de provoquer des indignations, alors que le gouvernement colombien n’avait pas fait la moindre offre pour tenter de conserver de trésor littéraire. Le fils, Rodrigo Garcia avait d’ailleurs déploré publiquement ce silence, qui avait jeté sur la Colombie une vive méfiance.

 

« Garcia Marquez est une figure majeure du XXe siècle, en Amérique latine, et au-delà en tant que romancier à l’influence profonde, et une figure essentielle dans le journalisme, la politique et la culture », souligne le directeur du centre d’études LLILAS Benson, Charles Hale. Les chercheurs internationaux pourront se régaler de ce que Gabo, de son surnom, aura désormais à leur offrir de découvertes.