Politique culturelle : ce qui a officiellement changé en trois années

Cécile Mazin - 12.05.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - France République - Hollande culture


Le 6 mai dernier, la République présentait une liste de 60 engagements pris pour la France. Examiner les trois années passées, les multiples gouvernements qui se sont succédé et constater les avancées, tout cela relève d'une pédago-démagogie de bon aloi. Mais peut-être salutaire.

 

 

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A défaut d'ascenceur social, un escalier ?

 

 

« La France se relève, et c'est aussi le retour de son influence en Europe. La France a pesé pour mettre fin à la crise de l'euro et pour mettre sur pied l'Union bancaire », considère un document présenté par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll. Et de passer en revue trois années de mesures concrètes, concernant l'Europe, les finances publiques, l'éducation ou encore l'emploi des jeunes, etc.

 

Dans le domaine culturel, le but du document étant de rendre confiance, on ne brosse qu'un tableau fort optimiste. Ainsi, est évoqué le plan national d'éducation artistique, qui en 2015 a bénéficié de 33 % de budget en plus, par rapport à 2012. Des sommes qui « s'ajoutent à 36,33 millions d'euros dédiés à l'accès à la culture pour tous ». 

 

Dans le même temps, depuis la rentrée 2013, 29 % des élèves du primaire et secondaire disposent du parcours Éducation Artistique et Culturelle. 

 

Pour ce qui est de la création et la diffusion, et des soutiens qui lui sont apportés, « [d]epuis 2012, les budgets consacrés à la création ont été préservés, même si des efforts ont été demandés aux grands opérateurs du secteur. Le budget de cette mission sera augmenté en 2016. » 

 

Dans le domaine du livre, à proprement parler, les raisons de sauter de joie sont plus rares. On pointe le retour à une TVA de 5,5 % pour les livres, mais dans le même temps, l'arrêt de la Cour de Justice de l'Union européenne confirme l'infraction de la France. La directive européenne sur la TVA interdit de pratiquer un taux réduit sur les ebooks, aussi...

 

De même, en dépit des doutes exprimés par Fleur Pellerin sur la réussite du Plan librairies initié par Aurélie Filippetti, on évoque 11 millions € de fonds publics et 7 millions € de fonds privés en faveur des librairies indépendantes. En tout 18 millions € dont il faut rappeler qu'il s'agit

  • d'un fonds d'avances remboursables (5 millions)
  • d'un fonds destiné à la restructuration des fonds de roulements par un outil de crédit (7 millions)
  • un fonds d'aide à la transmission (5 millions)
  • aides du Centre national du livre (1 million € de sus que l'actuelle aide)

Or, le fonds de 7 millions € devait provenir d'un différentiel de TVA, puisque la France prévoyait un passage de 5,5 % à 5 %. Les éditeurs allaient ainsi abonder ce pot commun. Selon nos informations, les éditeurs ont été refroidis alors que la TVA a été maintenue à 5,5 %, mais ces derniers, s'ils n'ont pas fourni le montant global, interviennent de manière informelle.