Port du voile dans les écoles, la Belgique étudie la question

Clément Solym - 14.03.2010

Patrimoine et éducation - A l'international - voile - enseignants - école


Le sujet du port du voile à l’école est revenu sur le devant de la scène en Belgique après la décision de la cour d’appel de Mons d’autoriser une enseignante de mathématique dans une école de Charleroi de porter le voile. La direction de l’école lui avait interdit depuis la rentrée en septembre.

Selon le tribunal les enseignants dans les écoles officielles sont tenus de « s'abstenir de témoigner en faveur d'un système religieux » mais il n’en va pas de même pour les enseignants des écoles sous la responsabilité des villes. Ceux-ci doivent simplement « adopter une attitude réservée » en classe. Les juges ont donc estimé que ces enseignants ont tout à fait le droit « de se positionner comme adepte d'une religion et de le manifester par le port d'un symbole religieux » tant qu’ils ne font pas de prosélytisme.

L’histoire pourrait se clore sur cette décision de justice mais la ministre de l’Enseignement francophone, Marie-Dominique Simonet a réagit à la décision de la cour affirmant « Le respect de la neutralité est un fondement de l'enseignement officiel. Le port par des membres du personnel de signes convictionnels est susceptible de jeter le trouble quant à l'exigence de neutralité requise. Il n'est donc pas souhaitable de l'autoriser ». Elle entend proposer sous peu des modifications au niveau de la loi, relate l'AFP.

Les politiques belges de tout bord sont assez divisés sur la question. Certains estiment qu’il ne faut pas légiférer et laisser les écoles prendre se genre de décision, d’autres estiment qu’il ne faut pas laisser ses affaires aux tribunaux. Certains estiment que les professeurs ne doivent pas du tout marquer leur convictions religieuses, d’autres craignent que ce genre d’interdictions nuisent à l’épanouissement des membres de la communauté musulmane.