Pour aider à "devenir élève", classons les enfants dès la maternelle

Clément Solym - 13.10.2011

Patrimoine et éducation - Scolarité France - enfants - ministere - risque


Le ministère de l'Education nationale souhaite mettre en place dès le mois de novembre un système d'évaluation des élèves de grande section de maternelle pour repérer les cas à  « risque » et  à « haut risque », selon le quotidien Le Monde qui s'est procuré un livret du ministère intitulé Aide à l'évaluation des acquis en fin d'école maternelle.

 

 

Cette idée est présentée de manière implicite, selon Le Monde, qui indique qu' «une partie du livret d'évaluation porte sur le « devenir élève » », dans ce qui ressemble à un mauvais remake de Minority Report.

 

Ce serait aux enseignants de classer les élèves par : « RAS » (rien à signaler), « risque » et « haut risque ». Les scores seraient ensuite listés dans un fichier classe par classe et école par école dans le but d'établir une moyenne nationale.

 

Le Ministère, pour sa part, a répondu qu'il proposait « d'améliorer les outils mis à la disposition des professeurs pour détecter les difficultés d'apprentissage de la lecture en grande section de maternelle » afin de corriger « les inégalités dès le plus jeune âge », rapporte 20 minutes.fr.

 

Le ministère affirme par ailleurs que « pousser le fantasme du fichage des élèves à ce degré relève de la malhonnêteté intellectuelle. »

 

Pourtant, selon le livret, il s'agit bien d'un classement des élèves en trois catégories simplifiées par un seul terme principal : « risque ». Un terme à connotation péjorative, qui évoque soit un fait considéré comme un dommage, soit un danger, soit un inconvénient. Il suffit d'ouvrir son Larousse pour s'en rendre compte, et non de faire preuve d'une quelconque malhonnêteté intellectuelle.

 

Pas d'amalgame possible donc. Plus qu'une correction des inégalités, il s'agit bien d'évaluer quels sont les enfants qui représentent un danger pour la société, ou du moins un inconvénient.

 

De même, la différence ne constitue pas forcément un risque pour qui que ce soit, alors pourquoi s'acharner à formater les esprits et ancrer les différences comme des déviances importunes ?