Pour 'guérir' de l'homosexualité, étudier la Constitution américaine

Clément Solym - 19.06.2014

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - université homosexualité - livres - Constitution américaine


Depuis plusieurs semaines, le débat fait rage : des universités de Caroline du Sud sont en conflit juridique avec les parlementaires républicains, à la tête de l'État. L'enjeu est simple : ces derniers refusent que des ouvrages avec des thématiques gay-friendly soient inscrits dans les programmes scolaires. Mais la justice a tranché.

 

 

gay art love between black  and white men homosexual paintings artworks by raphael perez

naiveartist, CC BY NC ND 2.0, sur Flickr

 

 

Les établissements College of Charleston et l'University of South Carolina devront respectivement dépenser 52.000 et 17.000 $ pour enseigner la Constitution des États-Unis et autres documents fondateurs, apprend-on. Le budget, voté, prendra effet à compter du 1er juillet. Or, dans ce dernier, il n'y aura certainement pas d'ouvrages traitant de l'homosexualité. 

 

La gouverneure de l'État, Nikki Haley a confirmé que les deux établissements seraient contraints de dépenser l'intégralité des sommes, pour compenser le fait que, l'année passée, elles avaient intégré les titres Fun Home: An Tragicomic family, par Alison Bechdel et Out Loud: The Best of Rainbow Radio, publié par Candace Chellew-Hodge et Ed Madden.

 

La chambre des représentants de Caroline du Sud avait initialement voté pour dépouiller littéralement les établissements de leurs fonds, mais s'est ravisée, en la contraignant à diriger ses crédits vers l'enseignement de documents fondateurs. 

 

Dans la bataille qui les opposait, ce sont donc les parlementaires qui ont gagné : pour eux, les universités devaient refléter les opinions plutôt orientées côté conservateur de l'ensemble de l'État. Autrement dit : on ne parle pas de l'homosexualité, sinon avec la tête recouverte d'un chapeau blanc pointu...

 

Pour les auteurs, la pilule était déjà difficile à avaler : dans certaines régions, plus progressistes, les ouvrages n'avaient pas été particulièrement remarqués. Mais manifestement, même les élèves de première année - surtout eux ? - n'ont pas le droit de lire ce type de littérature à la fac. 

 

La mesure risque, dans tous les cas, de jeter un sacré froid sur la liberté académique des établissements. (via The State)