Pour la création d'Archives LGBTQI : la mémoire des luttes et d'une société

Clément Solym - 06.11.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - archives LGBTQI luttes - société lutte mémoire - centre archives france


Le collectif Archives LGBTQI est un collectif citoyen de lesbiennes, gays, bi·es, trans, queers et intersexes. Les archives d’associations, de militant·es et d’individu·es LGBTQI en France (et au-delà) sont notre mémoire. Elles racontent des vies et permettent nos vies, elles racontent des luttes politiques et permettent les nôtres, présentes et à venir.


À son initiative, une trentaine d’associations et personnalités lesbiennes, gays, bi, trans, queer et intersexes signent une tribune demandant la création d’un centre d’archives en France dès 2018.


LGBT Solidarity Rally
mathiaswasik, CC BY SA 2.0

 

Dans leur texte publié par le Huffington Post, elles et ils insistent notamment sur l’« urgence déjà ancienne » de construire un tel lieu en France, comme centre d’archives, centre d’exposition, de documentation et de mémoire. Elles/ils rappellent que « la mémoire des LGBTQI se meurt en silence », du fait de l’épidémie du sida, du vieillissement et de l’importante précarité dans la génération qui a lutté dans les années 70/90.


C’est pourquoi nous refusons leur lente et invisible disparition, leur maintien au secret, l’absence d'études à leur propos, leur dispersion. Ensemble, le collectif se propose de mener le travail de réflexion, de proposition et de mobilisation encore nécessaire pour que la France dispose enfin d’un centre d'archives LBGTQI.
 

Les militant.e.s entendent ainsi faire entendre leur voix dans le débat public. Elles et ils s’accordent sur 12 priorités concrètes pour le centre d’archives, à entreprendre dès 2018, alors que la ville de Paris évoque la date de 2020 et que l’État reste silencieux.

 

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En parallèle, le collectif Archives LGBTQI publie le même jour un document détaillant ces 12 actions prioritaires, opérationnelles dès 2018 (voir ci-après). Sont proposés campagnes de collecte des mémoires orales et de fonds d’archives, définition d’un thésaurus francophone de référencement, appui aux initiatives existant déjà en régions et à Paris, conception de la politique scientifique et culturelle du centre, partenariats à créer avec les pouvoirs publics et les institutions du patrimoine…

 



 

« Nous voulons un Centre d’archives, un lieu d’exposition et de mémoire, et nous le voulons dès 2018. Le colloque de réflexion tel qu’il est évoqué par la Ville de Paris pour 2018, nous semble un détour, sinon une diversion... 

Avec ces douze priorités, nous démontrons que l’obstacle n’est pas, aujourd’hui, du côté des LGBTQI, ou du fait d’incompréhensions avec les futurs partenaires publics et scientifiques. A tous.tes, nous disons : il est temps », conclut la tribune.

 

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Les premier.e.s signataires : 

 

 Collectif Archives LGBTQI, Académie Gay et Lesbienne, Acceptess-T, Act Up-Paris, ADHEOS - Centre LGBT Poitou Charentes, AIDES, Alex Jaunait (enseignant-chercheur), ANT (Association Nationale Transgenre), ARDHIS, ASMF, Les Bascos (association LGBT+ du Pays basque), Patrick Cardon (éditeur), Centre LGBT de Normandie, Centre LGBT de Rennes, Collectif contre les discriminations LGBTphobes en milieu scolaire et universitaire,  collectif IDEM (Marseille), Couleurs Gaies (Centre LGBT de Metz), commission LGBT de EELV, Gwen Fauchois (militante), collectif IDEM (Marseille), Gay'T Normande, Hélène Hazera (journaliste), Homogène - Centre LGBT Le Mans, Gérard Koskovich (historien, militant), association LGBT66 (Pyrénées-Orientales), Laisse Bien Ta Gaieté, association Medusa, association Mémoire des sexualités, commission genre, sexualités et LGBTI du Parti de Gauche, Pride de Nuit, Quazar - Centre LGBT d'Angers, SIS/Association et SIS/Animation.