Pour lutter contre le FN, Filippetti propose la culture

Clément Solym - 08.07.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Front national - Aurélie Filippetti - Marine le Pen


Depuis Avignon, la ministre de la Culture vient de s'offrir un fameux coup d'éclat. Rappelant qu'en dépit de la baisse de budget pour 2014 pour son ministère, il n'y aura pas d'efforts financiers supplémentaires, elle a souligné la primauté de la culture... contre l'extrémisme. Une politique culturelle qui s'inscrit, affirme-t-elle, dans « la lutte contre le Front national ». 

 

 

Aurélie FIlippetti

Crédit ActuaLitté

 

 

Au cours de cette conférence de presse, particulièrement attendue par les intermittents du spectacle dont la condition doit être revue en fin d'année, la ministre a réaffirmé que les baisses de budget ne sont pas de son fait, mais bien de celui de Bercy. Un ministère dans son rôle quand il souhaite faire « faire des économies à tout le monde ». Et bien évidemment, « dans ce cas-là, le réflexe est un peu de dire que la culture, ça doit venir à la fin, quand on a les moyens », rapporte l'AFP. 

 

Mais Aurélie Filippetti exprime clairement son désaccord : « La culture c'est structurant, pour l'économie, pour le lien social, politiquement. La lutte contre le Front national, à mon avis, elle passe beaucoup par le terrain culturel. » Et de réclamer que l'on cesse de considérer son ministère comme un bête poste de dépenses, et les acteurs culturels comme « d'affreux dépensiers ». 

 

Cependant, samedi soir, alors que le Festival d'Avignon était lancé avec un magistral feu d'artifice, on a interpellé la ministre, pour dénoncer des promesses de sanctuarisation du budget, qui n'ont pas été tenues. « François Hollande s'était engagé à sanctuariser le budget de la création et cette parole est respectée puisque tous les crédits d'intervention concernant le spectacle vivant et les arts plastiques sont préservés », a-t-elle rétorqué. 

 

On pourra, juste anecdotiquement, se remémorer la rencontre de la députée socialiste de Moselle, et secrétaire nationale du PS, lors d'une rencontre face à Louis Alliot, vice-président du Front national, et chargé de la campagne de Marine le Pen, en novembre 2011.

 

 


Louis Aliot débat face Aurélie Filippetti... par nationspresse

 

 

D'ailleurs, en parlant de culture, on se souviendra de la polémique autour de Bob Dylan, à qui il était envisagé de donner une Légion d'honneur. Marine Le Pen avait expliqué sur France 3, mi-mai, combien elle serait choquée d'une pareille nouvelle. « La cuisinière du président, la coiffeuse de Carla, les chanteurs qu'aime bien Mme Filippetti… Ce n'est pas ça la Légion d'honneur. »

 

Et d'ajouter : « La Légion d'honneur, c'est une reconnaissance de la Nation à ceux qui se sont d'abord battus pour elle ou ceux qui ont apporté dans le domaine de la culture ou scientifique des avancées spectaculaires. J'aime beaucoup Bob Dylan mais faut quand même pas exagérer. » 

 

Rappelons que le programme culturel du FN, vise à soutenir l'exception culturelle française : 

les dispositifs favorisant notre exception culturelle (quotas de diffusion d'œuvres françaises, aides spécifiques à l'industrie française, etc.) relèvent d'une logique de priorité nationale, l'exception culturelle n'étant rien d'autre que la priorité nationale appliquée à la culture. Les quotas de diffusion d'œuvres françaises à la télévision et à la radio seront garantis, comme seront encouragées les grandes productions illustrant l'histoire de France, et la vitalité du monde francophone.

 

Rêveur, non ?