Pour se divertir, les moines copistes gribouillaient les marges

Clément Solym - 24.10.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - moines copistes - Moyen-Âge - marges


En plein Moyen-Âge, les moines copistes n'étaient pas les derniers à se plaindre de leur condition : passer ses journées à reproduire des manuscrits de Cicéron, Aristote ou encore Tite-Live, ça n'a rien d'une sinécure. Mais, travailleurs obstinés, ces derniers n'avaient pas pour habitude de se plaindre à voix haute. Silence pendant la copie !

 

 

 

 

Des heures à reproduire, sur des chaises inconfortables, au milieu de chambres glacées... Tout cela n'a rien d'un moment de plaisir. Alors pour se divertir, les moins avaient pris pour habitude de réaliser quelques gribouillages dans les marges des livres qu'ils réalisaient, ou faisaient des commentaires un brin idiots. 

 

Ainsi, en pleine marge d'un texte sacré, on retrouve des commentaires insolites : « C'est fait, j'ai reproduit l'intégralité de la chose : pour l'amour du Christ, filez-moi à boire. », ou encore « J'ai très froid » et bien d'autres encore. Et, avec une approche de fonctionnaire scrupuleux sur les horaires « Dieu merci, il fera bientôt noir », et donc, plus possible de recopier quoi que ce soit. 

 

Michael Camille a réalisé un ouvrage à partir de ces témoignages, Images on the Edge: The Margins of Medieval Art, recensant les différentes notes que les anciens moines laissaient dans les manuscrits. En anglais, certes, mais très facile à comprendre. 

 

Ces plaintes parfois hilarantes de moines surchargés de travail sont donc accompagnées d'illustrations : on trouve dans un manuscrit du roman de Lancelot, l'allaitement d'un singe, ou un autre, du psautier Rutland, où un archer envoie une flèche dans le cul d'un triton. On y retrouve évidemment des représentations de rapports sexuels entre hommes, femmes, et différents animaux, à faire rougir les lecteurs.