Projet de loi californien en faveur de l'Open Acces

- 29.04.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Acces libre - californie - revues universitaires


La Californie pourrait bien suivre la politique fédérale en matière d'Open Access. Ce mercredi 1er mai, l'Assemblée de l'Etat de Californie va soumettre au vote un projet de loi en faveur d'une diffusion des recherches scientifiques et universitaires au plus grand nombre, et ce dans les 12 mois suivant leur publication.

 

 

California State CapitolPrayitno  (CC BY 2.0)

 

 

Au motif que ces études d'établissements de recherche et campus universitaires sont très largement financés par les contribuables californiens, l'État souhaite ouvrir les résultats au plus grand nombre. Un juste retour qui mettrait fin à une vraie hémorragie budgétaire. Jusque-là, les résultats de la recherche publique, établissements spécialisés comme les universités, sont largement publiés par des éditeurs tiers.

 

Conséquence, les institutions à l'origine de cette production doivent payer pour en obtenir l'accès, et les contribuables qui subventionnent ces travaux ne peuvent généralement pas les consulter, soit parce qu'ils ne sont pas inscrits dans les grandes universités, soit en raison des coûts prohibitifs des revues scientifiques.

 

Sous le raccourci d'AB 690, c'est une somme de recherches estimées à des centaines de millions de dollars qui seront librement consultables en cas de vote favorable. Le projet porté par le républicain Brian Nestande s'inspire largement dans sa rédaction des termes de la législation fédérale du Fair Access to Science and Technology Research Act. Sous douze mois, les travaux devront être numérisés à destination d'agences d'état après circulation entre pairs. La bibliothèque d'État de Californie se consacrera à centraliser une bibliographie de ces ressources avec redirection vers leur consultation.

 

Récemment, une série de campus a pris les devants des politiques locales en faveur d'open access. Pour parer les abonnements très onéreux des revues issues de leur propre production, des établissements comme l'Université d'Utah, de Rice ou Amherst tentent de réhabiliter leurs presses universitaires et dans le même temps, ouvrir les nouvelles publications au numérique. Un coût du virtuel supplémentaire. Mais les coûts du libre accès numérique restent bien moindres qu'une publication papier sur abonnement avec consultation en ligne.

 

Lorsqu'il s'agit d' un strict accès numérique et ouvert, les frais de production sont deux fois moindres que ceux du papier avec abonnement. Bien sûr, les abonnements restent une source de financement non négligeable des postes éditoriaux crées pour cette tâche. Toutefois, un modèle mixte semble la meilleure des solutions sur un ratio financement/ réinvestissement de la recherche pour tous.

 

Fin février, l'administration Obama avait donné une impulsion en faveur du partage des recherches à destination de tous sous 12 mois. Ainsi, c'est la quasi-totalité des documents à caractère scientifique de la recherche fédérale sous financement public qui seront visés. Si cette initiative appuie de 65.000 pétitionnaires, les défis restent majeurs avec la diffusion toujours plus grande de contenus sans subventions supplémentaires. Seule ombre à cette démocratisation de données scientifiques, les termes du projet de loi mettent l'accent sur la diffusion au détriment de la réutilisation. Via EFF