Promenons-nous à Clichy-sous-Bois, ou Clara pour les moins de 18 ans

Clément Solym - 25.10.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Clichy-sous-Bois - Roman - Tanguy Viel


Le romancier Tanguy Viel a passé l'année scolaire 2011-2012 comme écrivain en résidence au lycée Alfred Nobel de Clichy-sous-Bois. Chaque lundi pendant un semestre il animé des ateliers d'écriture pour les élèves de ce lycée qui dispose de filières générales, technologiques et professionnelles. Le résultat : Ce jour-là, un roman paru en juin aux éditions Joca Seria qui raconte le quotidien de la ville sur une centaine de pages.

 

27/10/05 Clichy sous Bois Why?

 Clichy-sous-Bois, cicilief, CC BY-NC-SA 2.0

 

Mais Tanguy Viel n'est pas l'auteur de ce roman qui rassemble les textes des élèves ayant participé à l'exercice, il a fait œuvre de professeur, de guide et d'éditeur. Il admet aussi qu'il y avait une part de « bricolage » dans la construction de ce roman polyphonique qui fait la part belle aux détails en racontant la vie des différents protagonistes de la ville, du policier au dealer.

 

En effet, comme il l'a indiqué à nos confrères de « Libération », au début du travail « c'était évident que ça manquait de détails et qu'on était en train de rater Clichy-sous-Bois. » Il fallait donc une part de réalisme, mais pas trop, car il s'agit avant tout d'une œuvre de fiction. L'écrivain a expliqué que « le livre implique des situations superlatives par rapport au réel. » Des propos confirmés par l'un des élèves, Fatoumata Cissé, élève en terminale électrotechnique : « la violence dans le livre, c'est pour moitié de la fiction. »

 

Un roman, et après ?

 

L'enseignante de français à l'origine du projet, Sylvie Cadinot-Romerio, voulait que ces ateliers d'écriture permettent à ses élèves de se construire leur propre image d'eux-mêmes, loin des stéréotypes dont est victime la ville et ses habitants. Rappelons que c'est à Clichy-sous-Bois que les émeutes de 2005 avaient éclaté suite à la mort de deux adolescents poursuivis par les forces de l'ordre. On connaît malheureusement la suite.

 

Une chose est sûre, tous les élèves sont fiers, et à juste titre, du résultat final. « Je l'ai montré à tout le monde » raconte Kévin Barbier, 18 ans. À cette fierté s'ajoute une maîtrise de l'écriture comme le rappelle le professeur de lettres : « j'ai l'impression que l'on a réussi à transmettre ce qu'est l'écriture et ce qu'elle a d'essentiel. »

 

Dans un autre registre, mais toujours concernant les écrivains en herbe. Le prix Clara qui récompense des nouvelles écrites par des moins de dix-huit ans publie aujourd'hui aux éditions Héloïse d'Ormesson les huit heureux élus de cette année. Ils seront récompensés lors d'une cérémonie à la Mairie de Paris ce soir en présence de Bertrand Delanoé. Le prix, créé en 2006, est présidé par Érik Orsenna et les bénéfices des ventes du livre sont reversés à l'hôpital Necker-Enfants malades.