Quand l'ADN et la cire d'abeille dévoilent l'histoire de l'humanité

Nicolas Gary - 21.02.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - ADN cire abeille - archives humanité migrations - témoignage histoire hommes


Ces dernières années, les possibilités offertes par l’ADN ont passionné archéologues et historiens. Les os et les dents racontent et démontrent les migrations humaines préhistoriques. Autant de preuves qui enrichissent les transhumances et en dévoilent la complexité. Et à ce titre, les livres comptent parmi les témoins les plus précieux. 

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Joan Grífols; CC B NC 2.0

 
Au fil des expérimentations, l’ADN a dévoilé aux chercheurs des éléments prodigieux : des indices sur les épidémies comme la peste noire aux restes du roi Richard III, retrouvés sous un parking. Mais Matthew Cllins, qui travaille dans les archives de l’archevêché de York, plonge bien plus loin.
 

Des morceaux d'histoire, à peine cachés


Entouré de livres et manuscrits, ce sont les peaux d’animaux qui l’intéressent – vaches et moutons, principalement. Car ces morceaux recèlent d’informations, et se comptent en millions d’échantillons alors disponibles. Les parchemins, avec l’écorce de bouleau, parviennent également à se montrer très bavards. 
 
Au commencement, il s’était intéressé aux fossiles marins, traquant les protéines qu’ils pouvaient contenir : peine perdue, ces derniers étaient souvent trop vieux pour apporter des réponses. Le scientifique, qui passe son temps entre Cambridge et l’Université de Copenhague, avait besoin d’une matière plus récente. 

C’est ainsi qu’il appliqua des techniques d’analyse de protéines à des tessons de poteries, et finit par découvrir des protéines de lait. De quoi deviner le régime alimentaire des personnes qui se servaient de ces pots. 

Mais l’ADN, c’était le Graal : cette bibliothèque moléculaire contient toutes les protéines que les cellules d’un corps vont produire. Collins s’est ainsi lancé dans un projet fou, réunissant généticiens, archivistes, fabricants de livres et historiens. 
 

Les manuscrits, témoins bien bavards


Première étape : convaincre les bibliophiles réunis qu’il était possible de tailler dans les couvertures des ouvrages. Impossible. Impensable. Il fallut trouver une autre méthode pour récolter des miettes d’ADN. L’équipe a ainsi procédé à l’échantillonnage de 5000 animaux, depuis les ouvrages disponibles. 

Comparant les génomes découverts avec des bases de données, ils ont mis en évidence qu’un livre, daté de 1000 ans, connu sous le nom de Yoirk Gospels, avait été produit avec de la peau de génisses. Stupéfiant : d’ordinaire, ces dernières servent plutôt à la reproduction. Selon un zooarchéologue, l'épidémie de peste bovine pourrait expliquer la mort de ces bêtes, et leur réutilisation. 
 

La cire d'abeille ne fait pas que nettoyer...


Collins n’est pas le premier à passer l’ADN au microscope, pour le faire parler. Mais il a tenté d’aller plus loin, en cherchant dans la cire d’abeille. L’idée est venue du sceau de cire qu’un archiviste lui avait présenté : dans cette dernière se retrouve une multitude d’informations sur les abeilles, le pollen, les fleurs, et même la région ou l’époque de la floraison...

Et en la matière, de nombreuses recherches sont en cours. La cire d’abeille est en réalité une archive remarquable, que les scientifiques ont passablement négligée. Le regain d’intérêt pour ces créatures et la prise de conscience de leur importance, ont changé les regards. De fait, il est admis que la cire apporte des informations essentielles dans le décryptage de notre histoire – au moins par les flux économiques et d’import-export qu’elle permet de mesurer. 

Dans le passé, la cire avait une valeur huit fois supérieure à celle du miel : matériau malléable, étanche, etc. Le Danemark, avec son projet ArcHives, fut parmi les premiers à rechercher des réponses dans cette matière. Et parvenir, à terme, à combler les fossés entre science et art, voire artisanat, commerce... bref, toute l’activité humaine.

Et les abeilles, nos plus proches et précieuses collaboratrices, vont démontrer une fois de plus leur importance.

via The Atlantic, Carlsberg Fondet


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