Quand l'illustrateur Eugène Grasset dessinait pour le bijoutier Henri Vever

Antoine Oury - 27.07.2016

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Eugène Grasset, né en 1845 et mort en 1917, fut l'un des fers de lance de l'Art nouveau européen. Cet illustrateur suisse connut une intense période de production faite d'affiches, d'illustrations, de gravures et... de dessins préparatoires de bijoux pour les joailliers Henri et Paul Vever. Une production méconnue qui constituait pourtant le fleuron de l'art décoratif et artisanal du début du XXe siècle.

 

Broche « Marguerite » (photo via Eugène Grasset)

 

 

Le concept de bijoux Art nouveau apparaît en même temps que ce courant artistique : tout est art, y compris les objets du quotidien. René Lalique sera le premier à proposer une ligne de bijoux Art nouveau, suscitant de l'intérêt dans son sillage. Parmi eux, Henri Vever (1854-1942), issu d'une famille de joailliers réputés originaires de Metz, décide de se rapprocher d'Eugène Grasset pour que celui-ci lui dessine différentes pièces.

 

Ce grand bibliophile qu'est Vever, passionné d'art japonais et de reliures finement ciselées comme celles de Charles Meunier, se tourne donc vers Eugène Grasset, dont il a pu apercevoir les illustrations dans les revues Art & Décoration ou Ver Sacrum. Grasset n'était pas totalement étranger au monde de la joaillerie, puisqu'il avait fondé avec René Lalique, justement, la Société de l'art décoratif français.

 

Pour Henri Vever et son frère Paul, Eugène Grasset dessinera une série de bijoux « artistiques » qui seront présentés comme tels à l'Exposition universelle de 1900, à Paris.