Quand la police pourchasse l'ultra-gauche dans une bibliothèque universitaire

Victor De Sepausy - 11.12.2019

Patrimoine et éducation - Scolarité France - bibliothèque universitaire Brest - policiers Brest manifestants - matraque barre fer


Vivons-nous des temps intéressants, à l’image de ce que le philosophe chinois clamait ? Découvrir une intervention policière dans une bibliothèque, fût-elle universitaire, a de quoi choquer. À Brest, les personnels et les étudiants ont eu le ravissement de découvrir les forces de l’ordre entrer dans la BU de l’Université de Bretagne Occidentale… Et pas pour rapporter des livres.

Université de Brest (UBO)
UBO - adeupa, CC BY ND NC 2.0 (photo d'illustration)
 

Les faits remontent au mardi 10 décembre : des affrontements ont cours à Brest, et les forces de l’ordre sont mobilisées contre une trentaine d’individus. Pour la préfecture, l’intervention est justifiée par des poubelles brûlées, mais également l'attaque d’un commerce. Et le sous-préfet, Ivan Bouchier, assure que les policiers ont identifié des « membres de l’ultra-gauche qui voulaient profiter de la manifestation pour semer le trouble ». 
 

Envie pressante de se mettre à l'abri


Le groupe de manifestants se sépare : d’un côté, on se tourne vers l’hôpital Morvan, de l’autre vers la BU. Les chiffres divergent alors, suivant les témoignages sur le nombre de personnes ayant tenté de trouver refuge au sein de l’établissement. Reste que les policiers en chasse vont pénétrer les lieux « dans le cadre de la flagrance ». 

Et le sous-préfet de souligner que les individus « avaient le visage masqué et étaient armés de barres de fer. La réalité objective est celle-là ». Il n’est pas encore 9h quand les faits se déroulent. Une employée décrit clairement la situation : « J’étais en train de travailler à l’accueil, j’ai entendu des cris, je suis sortie et j’ai vu un groupe de jeunes qui reculaient et des policiers en casque, boucliers et matraques qui avançaient et qui tapaient les étudiants. » 

La directrice de la BU, Véronique Douillard, ne rapporte pour sa part que les remontées des personnels. Selon eux, un groupe d’étudiants identifiés s’est précipité dans la BU en courant, suivi de près par des policiers. 
 

Matraque et barre de fer


« La bibliothèque était pleine à ce moment-là, beaucoup d’étudiants préparaient leurs examens. Ça a été très choquant pour tout le monde. Je suis intervenue pour rappeler aux policiers qu’ils n’avaient pas le droit d’être là. Les forces de l’ordre ont immédiatement quitté le hall de la bibliothèque », indique-t-elle.

À quel moment un des manifestants armés d’une barre de fer aurait-il pu menacer un policier sans que cela ne soit visible de tous ? D’autant que les personnels indiquent au contraire que les personnes entrées précipitamment n’avaient pas l’air dangereuses ni menaçantes. 
 

Intervention illégale de la police


« Il n’y a eu ni feu, ni attaque de commerce, ni volonté d’en “découdre”, ni barre de fer et nous mettons au défi monsieur le sous-préfet de prouver le contraire », indique-t-on sur le média participatif Bourrasque info. Et de déplorer de la part des forces de police « une tentative d’intimidation du mouvement social ».
 
En fin de matinée, c’est l’association étudiante Une Alternative pour l’UBO qui fait suite à cette mascarade : pour elle, des étudiants se sont fait « matraquer devant un personnel choqué qui a dû intervenir pour protéger les étudiants ». Mais plus encore, l’intervention est survenue sans l’autorisation du président de l’Université, Matthieu Gallou.

Ce dernier a fait part auprès de ses collègues, d’une indignation véritable, autant que de sa « profonde sympathie » vis-à-vis des usagers et personnels de l’établissement. Rapidement, il a interrogé le sous-préfet, pour « demander des explications » en regard de faits « qui ne correspondant pas à des usages remontant à presque 800 ans ».

En effet, rappelle-t-il, « en dehors de situations d’urgence absolue, les forces de l’ordre ne peuvent intervenir sur un site universitaire que sur réquisition du président ». Et cette responsabilité, c’est à lui qu’elle incombe.

En attendant l’enquête, on se rendra casqué à la BU désormais, mais sans masque devant le visage…

via Le Télégramme, France 3, Ouest France, Bourrasque info


Commentaires
Pratique si désormais on peut agresser impunément puis se réfugier dans une face pour échapper aux poursuites. Encore un dévoiement d'une règle initialement faite pour protéger la liberté utilisée désormais pour protéger les criminels
C'est vrai qu'on devrait faire le tri dans les commissariats, l'impunité à assez durée!
Pourquoi ne pas rappeler le cadre réglementaire, apparemment mal connu, et qu'il faut connaître pour l'opposer aux contrevenants ?



L'idée qu'une faculté soit un asile pour les délinquants comme les églises au moyen-âge qui est défendue ici au nom d'une haine anarchiste de la police est étrange.



N'est-ce pas plutôt que la faculté est responsable dans ses murs, et doit, saisie d'une demande dans les formes, remettre les suspects à la police par ses propres moyens ?



Et puis, si on chasse l'ultra-gauche des B.U. il n'y aura plus personne...
Décidément, c'est une manie universelle de traiter les étudiants d'ultra quelque chose, de les rendre responsables de tous les maux et méfaits et de taper dessus comme sur des tapis dégueu. S'il y a "quelque chose de pourri" dans nos sociétés, c'est pas la faute à des boucs émissaires! Que les "représentants de l'ordre" mettent d'abord de l'ordre dans leur tête, soignent leur vue et contrôlent leurs pulsions mortifères! Et qu'ils emploient leur excédent d'adrénaline à des opérations plus urgentes: la protection de la planète, le respect de la liberté, la défense des plus démunis, etc., etc...
Je vais résumer ma pensée.Ceux qui défendent le fonctionnement violent de la police devraient relire le poème "au début ils sont t venus chercher mon voisin et je n' ai rien dit ,à la fin ce fut moi et il n' y avait plus personne pour me défendre.La police est encadrée par des lois.la résolution des conflits avant de laisser les manifs s' organiser.Ecouter l' autre....Le dialogue...
@Francesca. Votre pensée est plus vite résumée en : "abandon du droit et anarchie".



Ceux qui défendent le droit pour la police d'appréhender des individus pourvu que ce soit dans les formes ne font que vouloir l'application de l'article VII de la DDHC de 1789 : " tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la loi doit obéir à l'instant : il se rend coupable par la résistance."



Vous confondez 1) le droit de poursuivre jusque dans un établissement supérieur ; 2) le fait de poursuivre de façon trop musclée.



En particulier, refuser à la police tout usage de la force en cas de rebelion revient à livrer le pays à l'anarchie. Le monopole de la force, ou violence légitime, appartient à l'Etat. Force doit rester à la loi.



@Jujube : vos deux commentaires sont tellement extrémistes qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que vous ne voyez pas en quoi ils le sont.
Je ne pensais pas qu'il y avait autant de fachos parmi les lecteurs d'ActuaLitté. Décidément les violences policières ont encore un bel avenir dans ce pays. Hélas !
quel bel objectif dans la vie, devenir un adulte pour finir à nettoyer les bottes des CRS avec la langue sur un site web de littérature. Si jamais vous auriez ouvert un vrai livre vous auriez su qu'aucun des libertés dont vous jouissiez si tranquillement n'a pas été acquise que grâce aux 'ultra' (quel mot si mal utilisé...) et sa résistance face à l'inaction et la complicité des lécheurs de bottes de chaque époque.
"Article XII : La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique... "



Pour mémoire, personne ici ne soutient les abus de la police. En revanche, plusieurs contributeurs soutiennent a priori ce qui tentent d'échapper à la police, ce qui est anarchiste, et certains vont jusqu'à soutenir ou approuver les violences séditieuses. C'est assez troublant.
Choquant. Encore et encore choquant. Cela fait plusieurs fois que votre site me scandalise par son discours partisan. Ce n'est pas du journalisme. A attiser la haine encore et toujours comme vous le faites, nous finirons bel et bien par nous détester tous. Actualitté, sous des aspects de newsletter fiable, a de plus en plus des airs de gazette de comptoir. Les commentaires prouvent malheureusement qu'il y a du monde au bistrot.
Pour Aleph.



J'ai trouvé tout à coup un aleph-fan sur l'écran de l'ordi; surprise et gratitude: je suis zoophile. Un message venu de l'autre extrémité de la planète: quel bonheur!

C'est vraiment gentil.

Mais je crains n'avoir pas bien saisi le sens de ce qui semblait être un aphorisme. Serait bienvenue une traduction du texte: "Vos deux commentaires sont tellement extrémistes qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que vous ne voyez pas en quoi ils le sont." Cela sonne bien! Curieux, pour donner un peu plus de latitude aux possibilités, sans affirmer, j'aurais mis le verbe voir au subjonctif présent ("voyiez", avec son petit i si charmant). Enfin, les goûts et les couleurs…



Pour tenter de découvrir la logique opérante de l'affirmation, j'ai remplacé, dans la première partie de la phrase, le nom commun (commentaires) et son épithète (extrémistes) par d'autres. L'idée générale peut se résumer à: un objet (le nom commun) a une qualité tellement (l'épithète) que son propriétaire ne voit pas qu'il l'a.

C'est un petit jeu amusant, plein de surprises, je le conseille aux amateurs! Mais il a ses failles. "Sa maladie est tellement grave (pénible, douloureuse, etc.) qu'il n'y a rien d'étonnant à ce que le malade ne voie pas en quoi elle l'est", par exemple. Le malade ne "voit" pas sa maladie, disons avec les yeux, mais il la "sent" avec tout son corps. S'il ne la "voit=sent" pas, c'est qu'il est mort, sans doute.



Mon blabla face à celui de mon destinataire, mon "extrémisme" face au sien.

Face à la violence, quelle qu'elle soit, jouer avec les mots est se voiler la face.

La violence appelle la violence. La reconnaître et lui faire front peut la dominer et l'exclure. Noyer le poisson est ridicule.



Alheph ("le premier"), m'a cru aveugle, c'est loupé: j'ai l'oeil grand ouvert sur le monde, les gens et leurs bêtises.
le rappel aux lois et le copier coller instinctif des discours de Vichy tombent sur deux figures (encore) présentes dans les codes Civil et Pénale: l'état de nécessité et la Désobéissance Civile.



une autre chose, certifié pas par les codes mais par les livres d'histoire: aucun droit humain ou bénéfice social n'a été obtenu ou défendu que par des actions qu'aux yeux des bien pensants réacs sont plus que radicales: terroristes. Et je parle que des choses telles que la journée de 8h, le travail des enfants, les congés payés...



des éborgnés de partout, des innocents condamnés de partout, des mutilés de partout, des morts à plus d'un par mois, et encore c'est les autres les "radicaux" (bel mot qui ne veut dire que 'retour aux racines').
"Si jamais vous auriez ouvert un vrai livre vous auriez su qu'aucun des libertés dont vous jouissiez si tranquillement n'a pas été acquise que grâce aux 'ultra' (quel mot si mal utilisé...) et sa résistance face à l'inaction et la complicité des lécheurs de bottes de chaque époque." Il y a un peu plus qu'un seul mot mal utilisé dans cette phrase... Il faudrait peut-être lire un deuxième "vrai livre"... (une grammaire pour commencer).
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