Quatre professeurs d'université licenciés pour avoir escroqué des étudiants

Victor De Sepausy - 27.11.2017

Patrimoine et éducation - A l'international - RMIT melbourne université - enseignants escroquerie étudiants - manuels achats obligatoires


Quatre enseignants de Melbourne viennent d’être licenciés pour avoir contraint des étudiants à acheter des manuels scolaires numériques. Ces derniers, vendus 50 $, n’étaient en rien approuvés par l’université RMIT, et pourtant obligatoires pour passer les examens selon les profs. 

 

RMIT University
Caroline Ramsden, CC BY SA 2.0

 

Le vice-chancelier de l’Institut royal de technologie de Melbourne, Ian Palmer, a assuré que les enseignants avaient été renvoyés la semaine passée, juste après avoir été passés à la question. Ayant reconnu qu’ils avaient enfreint la politique de l’université en matière de conflit d’intérêts, ils n’étaient évidemment plus les bienvenus dans l’établissement.

 

En effet, tous enseignaient dans la section Économie, et, conférenciers, ils avaient rédigé et publié des ouvrages dans le cadre du programme universitaire. « À la lumière de l’enquête externe, le RMIT a pris des mesures disciplinaires contre les quatre professeurs et leurs fonctions ont cessé » ce 22 novembre. 

 

« Le RMIT proposera de rembourser aux étudiants concernés les coûts encourus pour l’achat de livres numériques, pour leur permettre de passer des quiz en ligne obligatoires », explique-t-il à l'AAP 

 

Cependant, note le vice-chancelier, aucun étudiant n’a été désavantagé sur le plan universitaire dans cette opération. C’est au terme de l’audit mené par le cabinet indépendant PricewaterhouseCoopers que la culpabilité des enseignants a été pleinement actée. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui avaient alerté l’université, suite à des modifications inhabituelles des méthodes pédagogiques et de préparation d’examens.

 

Les quatre Dalton de la fac intervenaient en économie, finances et marketing, et en conditionnant le passage d’examens à l’achat de bouquins de cours de leur cru, ont contrevenu aux règles. Ils n’ont « pas même cherché à obtenir l’approbation [de l’université] ni à déclarer un confit d’intérêt, tel que la politique du RMIT l’exige », déplore-t-on.

 

Le site web où les étudiants pouvaient se procurer les manuels scolaires appartenait à l’un des intervenants. Dans le cadre des cours, près de 50 % des examens étaient effectués à partir de ces documents, et surtout, il n’était possible de passer les tests en ligne qu’en achetant les manuels.