Que renferme ce livre de prières médiéval orné d'un dragon ?

Antoine Oury - 10.10.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - livre prieres dragon - Snell Library - livre prieres nonnes


La bibliothèque Snell de l'université Northeastern, à Boston, a récemment découvert, presque par hasard, un mystérieux ouvrage dans ses archives : un vieux livre, assez épais, présentant un dragon sur sa première page... Le livre de chevet de Daenerys Targaryen ? Pas vraiment, plutôt un livre de prières remontant au XVe siècle, utilisé par des moniales de l'ordre dominicain.


La première page du livre de prières au dragon


L'université Northeastern est particulièrement fière de présenter le « livre de prières au dragon » et surtout l'enquête qui a permis de déterminer d'où venait et que racontait cet étrange ouvrage. En effet, le livre restait nimbé d'une aura mystérieuse : il n'apparaissait que sur une vieille photo de 1976, où l'on voyait un lecteur le manipulait, sans autre trace quant à son entrée dans le fonds patrimonial de la bibliothèque.

« C'était vraiment enthousiasmant de découvrir un manuscrit médiéval dont nous ignorions l'existence même dans nos archives », souligne Erika Boeckeler, professeure d'anglais récemment entrée à l'université. Boeckeler insiste auprès des responsables des collections, et peut finalement mettre la main sur le fameux ouvrage, en piteux état : la couverture en peau a mal vécu le passage du temps, et a fini à moitié décomposée.

Les 604 pages de l'ouvrage renfermaient bien des secrets, et notamment la date de fabrication du livre. Laura Packard, une étudiante de l'université qui a dirigé les recherches autour du livre de prières, découvre une mention de Catherine de Sienne (1347-1380) précédée de son titre de sainte. Or, cette dernière ne l'est devenue qu'en 1461, ce qui a permis d'estimer la création du livre à la fin du XVe siècle.

Ensuite, le contenu de l'ouvrage lui-même s'est avéré difficile à déchiffrer : la calligraphie était déjà tordue et alambiquée, mais le texte est truffé d'abréviations. « Les scribes médiévaux voulaient économiser de l'argent, ce qui se comprend : il est très onéreux de s'occuper d'animaux pour ensuite faire des livres avec leurs peaux », remarque Laura Packard.

Petit à petit, de découverte en découverte, les deux chercheuses découvrent la signification des écrits du livre de prières : une sorte de guide quotidien pour les moniales, leur prodiguant des conseils pour faire face aux tentations et autres pièges tendus par le Malin...
 
« L'autre détail intéressant est que ce livre a été écrit pour des femmes », signale Erika Boeckeler. « Ces femmes étaient très éduquées, lettrées, qui pouvaient utiliser ce livre, et elles maitrisaient le latin, l'allemand, mais aussi l'écriture musicale. »

Désormais numérisé et un peu mieux compris, le livre de prières peut être feuilleté à cette adresse.

via News@Northeastern


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