Québec : le premier ministre annule la hausse des frais de scolarité

Clément Solym - 06.09.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - pauline marois - hausse scolarité - PQ


Un excellent début pour la chef de gouvernement Pauline Marois, au Québec. Alors que rien ne semblait moins sûr quant à une tenue de promesses du premier ministre qui n'a pas réussi à remporter la majorité pour son parti (PQ), Pauline Marois a annoncé hier qu'elle annulerait la loi spé­ciale limi­tant les mani­fes­ta­tions et la hausse des frais de sco­la­rité pré­vue par Jean Charest, met­tant ainsi fin à six mois de mobi­li­sa­tion étudiante.

 

XVIe congrès national du Parti Québécois

 

 

Pendant le « printemps érable », arborant le symbole du carré rouge, Pauline Marois a toujours soutenu la cause des étudiants en grève. Ceux-ci s'opposaient à la hausse annoncée des frais de scolarité, qui avaient déjà augmenté de 82 % sur sept ans. Cette vague de mécontentement a poussé l'actuelle première ministre à proposer l'indexation des frais de scolarité sur le coût de la vie et d'annuler la loi spéciale 78 qui limite le droit de manifester et d'entraver l'accès aux cours.

 

Fort de ses ambitions, Pauline Marois avait convié les étudiants « à réfléchir » quant à la possibilité d'un gouvernement péquiste. Si celui-ci était sans majorité, sa marge de manœuvre serait forcément moins grande, ouvrant la porte au libéral Jean Charest.

 

« Moi, je vais les abolir », avait-elle déclaré. « Mais vous savez très bien à quelles luttes ça pourrait donner lieu ».  

 

« Je vais tout tenter pour remplir mes promesses comme gouvernement, peu importe la situation. Mais j'aimerais [être] majoritaire parce que ce sera beaucoup plus simple. »

 

Pauline Marois, deve­nue la pre­mière femme chef de gou­ver­ne­ment du Québec, n'ayant pas réussi à obtenir la majorité de son parti, avait laissé sous-entendre la difficulté de tenir tous les engagements posés durant la campagne. Parmi les deux plus contraignants, se tenaient l'abrogation de la loi spéciale 78 et l'annulation de la hausse des droits de scolarité, jusqu'ici justifiée par les besoins de finan­ce­ment des uni­ver­si­tés.

 

« Mon gou­ver­ne­ment va annu­ler la hausse des droits de sco­la­rité par décret », a déclaré Pauline Marois lors d'une confé­rence de presse à Montréal. « La loi spé­ciale dite loi 78 n'aura plus lieu d'être, j'ai l'intention de pro­po­ser son abro­ga­tion et je suis convain­cue que les par­tis d'opposition vont être d'accord », a-t-elle ajouté.

 

Selon l'AFP, l'annonce vient corroborer les dires de Martine Desjardins, présidente de FEUQ (syndicat étudiant), qui précisait que « la pro­messe de cam­pagne de Mme Marois pou­vait être réa­li­sée sans vote au par­le­ment, grâce à un décret ministériel ».

 

« Ça fait long­temps qu'on se bat pour obte­nir ce gain, on peut dire mis­sion accom­plie », a ajouté Martine Desjardins à la chaîne publique Radio Canada, confir­mant que « la majo­rité des asso­cia­tions étudiantes avaient décidé de retour­ner en classe ».