Rentrée littéraire : La fashion week des libraires

Québec : Une francophonie trop zêlée ?

- 11.03.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Québec - OQLF - francophonie


Affaire de patrimoine et de survie identitaire. Au Québec, le maintien de la langue de Molière dans un îlot francophone est en grande partie assuré par l'Office de la langue française. Du côté de la France, on connaît bien la politique de francisation de titres de films américains, parfois un peu curieuse, mais les derniers évènements prêtent moins à sourire qu'une traduction littérale.

 

Vendredi, la présidente de l'Office, Louise Marchand a fait part de sa démission suite à des mesures controversées auprès de commerces de Montréal. Des inspecteurs tatillons auraient vu d'un mauvais œil l'emploi des termes sans traduction « calamari » et « pasta » sur la carte d'un restaurateur italien. Un manque de discernement possible qui n'est pas le seul mis en cause.

 

 

 

 

Des médias montréalais ont fait état d'une autre inspection pendant laquelle un élément de décoration, qui proviendrait d'une province anglophone et placé près de la sortie a attiré l'attention d'un inspecteur zélé. Certains y auront vu un appel politique subliminal.

 

Une police linguistique qui a fait son temps pour la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Diane de Courcy. Dans l'émoi suscité par ces affaires, Mme de Courcy a rappelé le rôle de gardien du français de l'Office, qui ne doit pas faire appel à des « méthodes très rigides ».

 

Sur les réseaux sociaux, l'affaire du restaurant italien n'a pas fini de déchaîner les passions. Plus que le mot « pasta », c'est la difficulté de déchiffrer le menu à partir de mots moins évidents comme « pesce » ou « contorne » qui pose problème, et guerre linguistique oblige, l'existence d'un menu unilingue anglais. Chose que la plainte écrite par l'inspecteur ne mentionne pas, mais qui représente un défaut de service en effraction avec la législation québécoise.

 

L'annonce par Mme de Courcy de la création d'un médiateur en lien avec les commerçants en litige doit être une première étape vers l'apaisement.