Raphaël Enthoven en éminence grise de Luc Chatel

Clément Solym - 12.01.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Raphaël Enthoven - Luc Chatel - philosophie


Quatre consonnes et trois voyelles, peut-être, mais dans cette histoire, le prénom de Raphaël - Enthoven - sonne comme un vilain pain. Le livre, L'oligarchie des incapables, qui s'était fait remarqué pour les propos prêtés à Jean-François Copé, vient d'en remettre une couche. Après les minables à 5000 €, maintenant, le jeu d'influcences...  

 

C'est ainsi que dans le livre des deux journalistes, Sophie Coignard et Romain Guibert, les relations privilégiées entre Raphël, avec le tréma qui ensorcelle, et Nicolas Sarkozy sont pointées, et gentiment. Selon les auteurs, Raphaël aurait eu la possibilité de jouer des coudes et de persuasion, pour convaincre Luc Chatel que les classes de Seconde, au lycée, avaient impérativement besoin de cours de philosophie. 

 

 

Car, depuis le 16 juin, le coup d'envoi a été donné, et l'enseignement de cette matière est testé depuis la rentrée de septembre dernier. « J'ai voulu aller plus loin dans l'enseignement de la philosophie, qui est une spécificité française. On a un grand élan philosophique dans notre pays avec le développement des cafés philo et le développement de conférences », expliquait en effet Luc Chatel pour éclaircir les grandes lignes de son projet. 

 

Une philosophie qui allait payer pour les élèves, susceptibles désormais d'interroger leurs apprentissages au moment même de la découverte... En fait, quel mal y aurait-il à ce qu'Enthoven, qui officie par ailleurs sur France Culture, jouisse d'une oreille attentive du ministre, lui-même ancien représentant de la firme L'Oréal ? 

 

Mais pas question pour ce dernier d'accepter de tels propos. Dans une critique publiée sur l'Express, il se défend, avec vigueur. 

J'ai effectivement rencontré Luc Chatel en 2010, non parce que je suis le père du premier enfant de Carla Bruni, mais parce que le ministre avait eu la curiosité de discuter un peu de l'enseignement de la philosophie hors du cadre scolaire et universitaire, et qu'à cette époque, entre les Nouveaux chemins de la connaissance et l'émission Philosophie sur Arte, je figurais parmi les interlocuteurs légitimes sur un tel sujet. Lors de cette entrevue, j'ai profité de la conversation pour plaider auprès du ministre la cause (à mon avis essentielle) de l'extension à la classe de seconde de l'enseignement de la philosophie.

 

Et si les arguments par la suite déployés par le ministre avaient quelques ressemblances avec ceux de Raph', c'est uniquement parce que c'est un homme intelligent et pertinent, qui sait entendre quand on lui parle. Les syndicats qui réclament que l'on ne supprime pas des milliers de postes dans l'Éducation nationale apprécieront... 

 

Et le philosophe de conclure : 

Le livre de Coignard et Gubert s'appelle L'Oligarchie des incapables, mais leurs auteurs oublient de s'inclure dans les méthodes qu'ils dénoncent. Car, plus grave encore que les magouilles, les passe-droits des "fils de" et les privilèges des oligarques, il y a le populisme des journalistes eux-mêmes, qui, au lieu d'enquêter, de vérifier, de recouper les faits et d'avancer avec prudence sur un terrain miné, préfèrent, pour vendre du papier, brandir et accréditer des rumeurs dont il aurait suffi, pour les démonter, d'interroger les protagonistes. 

 

Bon... d'accord. Mais l'offre de Free sur l'internet mobile, c'est pas parce que Bouygues est un copain de Sarkozy ?

 

D'un autre côté, on notera la virulence de la défense, mais qui ne semble pas suivie d'une quelconque démarche juridique pour faire taire les nuisibles. Est-ce à dire qu'en fait, il pourrait y avoir deux ou trois choses de populistement vraies ?