Récit d'un procès inédit : le témoin de sorcellerie a vu “le travail de Satan”

Victor De Sepausy - 02.11.2017

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Récit étonnant et troublant que celui d’Edward Fairfax, qui détaille le procès que cet homme a intenté à six femmes de Fewston. Ce brave homme du XVIIe siècle avait vu de ses yeux vu le « travail de Satan » à l’œuvre. Le tout est réuni dans un manuscrit rare, qui est proposé à la vente par un libraire spécialisé.



Domaine public
 

 

Le titre du bouquin est à coucher dehors avec un ticket de logement : A Discourse of Witchcrafte As It Was Acted in the Family of Mr Edward Fairfax of Fuistone. Il fut écrit de la main même d’Edward Fairfax, peu de temps après le décès de sa plus jeune fille, en octobre 1621. Il y détaille précisément le procès et l’action en justice menée contre des femmes de son village, et offre au lecteur « le récit d’une sorcellerie dont je fus le témoin affligé ».

 

En fait, le récit d’Edward intervient après que ses trois filles sont tombées malades gravement – et l’une d’entre elles, Ann, décédera. Mais durant leur fièvre, les trois filles avaient des visions raconte-t-il. Il n’avait pas quitté leur chevet, vivant leurs souffrances comme les siennes, et après la mort d’Ann, Edward s’est mis en quête de coupables. Il a trouvé ces six femmes et les a accusées d’être des sorcières.

 

Le manuscrit n’a été imprimé qu’au XIXe siècle, assure Tom Lintern-Mole, qui dirige la librairie Antiquates Fine & Rare Books. Mais entre sa rédaction et cette première impression, seul un petit nombre d’exemplaires a circulé. Notamment par le peintre et antiquaire Thomas Beckwith, au XVIIIe siècle. Toute l’affaire a tourné court, puisque l’accusation fut éventée : l’une des filles d’Edward reconnut qu’elle n’avait eu aucune vision, mais avait cherché par ce moyen d’attirer l’attention de son père. 

 

Une vente est intervenue lors d’une foire du livre spéciale à Londres, la Ink Fair London. La vente était proposée pour 7500 £, et l’on attend encore les résultats pour savoir...