Rentrée 2010 : le financement de la réforme du lycée manque de clarté

Clément Solym - 24.07.2010

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - réforme - lycée - financement


La réforme du lycée qui a été en discussion pendant deux ans pose encore des problèmes au niveau de sa mise en place. En effet, les programmes de secondes doivent changer dès la prochaine rentrée, ce qui implique le changement de tous les manuels scolaires des secondes.

Pour le conseil régional d'île de France, l'État devra apporter sa contribution. Dans une lettre adressée au ministre de l'Education nationale datée du 15 juillet, le président de cette région Jean-Paul Huchon et sa vice-présidente en charge des lycées, Henriette Zoughebi, affirment : « La contribution de l’État à la gratuité pour cette rentrée 2010 [...] est indispensable ».


Selon, le changement des manuels scolaires représentera une dépense de 20 millions. Et celle-ci n'a pas été prévue dans le budget puisque l'annonce a été faite trop tard (le 31 mars 2010). Ils estiment qu'une rencontre avec Luc Chatel avant la rentrée « semble incontournable » rapporte Livres Hebdo (sous abonnement uniquement).

Les éditeurs de manuels scolaires eux aussi se posent des questions. Dans une lettre envoyée à Luc Chatel et François Fillon, le 13 juillet, par Sylvie Marcé, P.D.G de Belin et présidente du groupe des éditeurs scolaires du Syndicat national de l’édition, elle indique : « Dans un grand nombre d’académies, les projets d’équipements en manuels conformes (attestée par des remontées de terrain nombreuses et concordantes) sont bloqués. Les déclarations contradictoires des pouvoirs publics (État et collectivités territoriales) et de différents acteurs de terrain, sur le financement des manuels scolaires désorientent les élèves, leurs familles et leurs enseignants, désorganisent la prochaine rentrée et risquent de remettre en cause l’application même de la réforme ».

Elle souhaite que ce problème de financement soit éclairci et qu'un dialogue soit lancé entre le gouvernement et les collectivités territoriales en matière d'éducation. La question du financement est d'autant plus importante qu'elle se reposera l'année prochaine avec les manuels scolaires des premières.

D'ores et déjà, les régions Aquitaine, Bretagne, et Languedoc-Roussillon ont décidé qu'elles verseraient plus aux familles en fonction des ressources. Mais selon Sylvie Marcé cela risque de conduire à des « inégalités territoriales ». De son côté, le gouvernement, indique que les régions ne sont pas obligées de financer et affirme qu'il vient déjà en aide aux familles avec l'allocation de rentrée.