Édition scolaire en Belgique : une rentrée 2015 bien chargée

Nicolas Gary - 20.08.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - école Belgique - éditeur scolaire - scolarité manuels livres


La rentrée scolaire ne concerne pas simplement le corps enseignant, et ses futurs élèves : dans le monde de l’édition, le métier d’éditeur scolaire évolue. Une position tout à la fois dans les établissements et à l’extérieur : il devient responsable des manuels – le vecteur de la transmission des connaissances. Lourde responsabilité, ainsi que le présente l’Association des éditeurs belges. Voici l’occasion de saisir quelques-unes des différences qui existent outre-Quiévrain.

 

Rentrée / Back to school

Olivier Bacquet, CC BY 2.0

 

 

Sélectionner, valider, actualiser les contenus réclamés aux équipes d’auteurs, structurer et planifier ces contenus sur tous supports, communiquer auprès des établissements : le rôle de l’éditeur scolaire ressemble à celui d’un couteau suisse. Et un canif qui tend à la dématérialisation : « Plus que jamais, l’éditeur scolaire investit dans le numérique, qui révolutionne profondément son métier comme celui de l’enseignant. Dans cette matière, son expertise s’avère d’autant plus pertinente et utile pour coordonner et mettre en œuvre de nouveaux types d’outils », indique l’AEB. 

 

Entre 2013 et 2014, le secteur de l’édition scolaire a augmenté de 6 % et celui des sciences humaines progresse de 4,3 %. Autre point : œuvres de sciences humaines et scientifiques représentent 35 % du chiffre global de l’édition en langue française – juste après la BD, assez peu étonnant en Belgique. De même, les nouveautés et nouvelles éditions sont en croissance, + 39 % en 2013 et + 63 % en 2014.

 

« En langue néerlandaise, la production de nos éditeurs, membres de l’ADEB, en sciences humaines (60 %) et de livres scolaires (32 %) domine largement : elles représentent ensemble quelque 92 % du chiffre d’affaires global. Car si les manuels scolaires se prêtent peu à l’exportation (contrairement par exemple à la bande dessinée), les éditeurs scolaires et scientifiques belges francophones publient également pas mal d’ouvrages en langue néerlandaise », indique l’association. 

 

Le marché numérique belge reflète d’ailleurs cette tendance : 30 % du chiffre d’affaires total dans le domaine des sciences humaines s’effectue sur des ventes numériques. Et avec l’arrivée de la rentrée scolaire, les éditeurs belges affûtent cartables et tablettes avec soin.

 

 

 

Le ministère de l’Enseignement et de la Culture a en effet mis en place plusieurs mesures, comme le Pacte d’excellence, qui cible lui-même plusieurs points (accompagnement des élèves, bond qualitatif dans la formation, adapter l’enseignement aux besoins du XXIe siècle et renforcer la gouvernance). À cela s’ajoute deux points touchant directement l’édition scolaire : le décret agrément des manuels scolaires et la clarification des programmes. 

 

Pour ces deux points, explique le président de la section scolaire de l’ADEB, Michel Roiseux, souligne que les engagements ne manquent pas. 

 

« Ces deux dernières années, l’enseignement libre a clarifié les volets “mathématiques” et “langue française” de ses programmes. Le réseau officiel y travaille également. Les éditeurs scolaires devront donc, probablement dans les mois et les années à venir, mettre à jour leurs productions pour y répondre concrètement », indique le responsable de la maison Gai Savoir.  

 

Dans le même temps, les politiques interrogent les actuels socles de compétences. « Des commissions seront probablement mises en place prochainement afin de les réviser. Si tel est le cas, c’est à cet autre chantier important que les éditeurs scolaires devront s’atteler », note Michel Roiseux, qui a participé en son temps à leur première élaboration.

 

Les éditeurs ne peuvent pas se permettre de faire de lourdes dépenses au niveau du numérique si la demande ne suit pas. Un manuel numérique enrichi demande sept fois plus de travail qu’un manuel papier, déjà parfois bien difficile à rentabiliser Michel Roiseux

 

La refonte du décret agrément préoccupe également beaucoup les éditeurs scolaires. « Le décret agrément, apparu en 2006, arrivait à échéance en 2015. Nous sommes toujours dans l’expectative pour les subventions 2016. Le nouveau décret ne sera pas prêt en janvier voyant que rien ne bouge actuellement », explique Michel Roiseux, qui a déjà rencontré plusieurs fois le cabinet de la ministre à ce sujet. 

 

Et puis, plus largement, l’ADEB s’engage aux côtés de la ministre Joëlle Milquet, dans la réalisation du Plan lecture. Initié en février dernier, il « vise à remettre des livres jeunesse et des BD dans les classes dès la maternelle pour tenter d’éveiller les enfants à la lecture dès leur plus jeune âge ».

 

Alors pour 2015, et sa rentrée, il faudra se retrousser les manches, et si les manuels sont une première pierre, il n’en demeure pas moins que les enseignants sont toujours ceux qui en tireront le meilleur. « Il est primordial d’évoluer avec son temps en adaptant régulièrement les manuels et les techniques d’apprentissage », indique-t-il. 

 

Et quant à ce numérique, avec lequel il faut déjà compter, pas question de s’engager sans un minimum de prérequis. Le pays n’a pas encore pleinement équipé les écoles, par exemple en connexions internet stables. « Les éditeurs ne peuvent pas se permettre de faire de lourdes dépenses au niveau du numérique si la demande ne suit pas. Un manuel numérique enrichi demande sept fois plus de travail qu’un manuel papier, déjà parfois bien difficile à rentabiliser. » Prudence, donc, pour ne pas avoir à tout recommencer. 


Pour approfondir

Editeur : Larousse
Genre : dictionnaires et...
Total pages : 128
Traducteur :
ISBN : 9782035902535

L'histoire de France comme on ne l'apprend plus à l'école

de Alain Dag'Naud

La bataille de Crécy est-elle une défaite ou une victoire française ? Que s'est-il passé le 27 juillet 1214 ? Comment s'appelaient les trois fils de Catherine de Médicis ? Qui fut assassiné le 14 mai 1610 ? Qui est mort le premier, Danton ou Robespierre ? Qui était Napoléon III pour Napoléon Ier ? Qu'appelle-t-on les Trois Glorieuses ? Quels pays signèrent les accords de Munich ? Quel fut le premier président de la Ve République ? Quand eut lieu le référendum sur le traité de Maastricht ? etc. Autant de questions auxquelles il n'est peut-être pas inutile de redonner les réponses... et tant d'autres sujets sur lesquels il sera bon de rafraîchir nos mémoires ! Dans un récit clair, didactique et vif, un panorama complet de plus de 20 siècles, avec des zooms sur les moments les plus importants de notre passé.Avec plus de 300 illustrations, des nombreuses animations et des documents en fac-similé parmi lesquels l'acte d'anoblissement de Jeanne d'Arc signé par Charles VII, une lettre de François Ier à Michel-Ange, une lettre de cachet de Louis XV, un billet de la banque royale de Law, la condamnation de Louis XVI par le Tribunal révolutionnaire, l'acte d'abdication de Napoléon Ier, l'appel du 18 juin 1940, la carte des plages du Débarquement...

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