Rentrée des étudiants : un gouvernement déconnecté

Clément Solym - 09.09.2009

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - rentrée - université - étudiants


L'UNEF et la Fage ne se croisent pas souvent : comme disait l'humoriste, leurs positions divergent, et dix verges, c'est énorme. Pourtant, cette rentrée étudiante les pousse à un cri commun. Qu'il s'agisse de tirer « la sonnette d'alarme » pour la Fage ou de lancer « un appel solennel » pour l'UNEF, on regarde dans la même direction, rapporte l'AFP.

Les problèmes sont connus, archi-connus : que les étudiants aient besoin d'un SMIC par mois pour vivre, ou que les logements soient trop chers, tout cela n'est pas neuf. Et cette année encore, les solutions proposées tentent de pallier une situation morose, avec un 10e mois de bourse à créer et une aide au logement plus importante.

L'une comme l'autre association souhaitent améliorer la vie estudiantine, avec une « allocation de rentrée étudiante » (Fage) et une « aide à la recherche du premier emploi » (Unef). Pourtant, face à elles, une ministre « qui fait semblant d'ignorer » le contexte, commente l'Unef, explique que la revalorisation des bourses est à la hauteur de l'augmentation du coût de la vie. Selon elle « les prix à la consommation baissent tous cette année », mais plus encore, « les loyers sont stables sur l'ensemble de la France, voire avec une tendance à la baisse ».

« Le gouvernement semble déconnecté de la réalité », ajoute l'Unef, qui souligne la « rupture historique » constatée. En effet, les études supérieures n'ont plus la cote, et la génération actuelle poursuit de moins en moins vers de hautes études. Ou alors est-ce simplement qu'elle choisit d'autres voies, qui semblent moins longues et plus efficaces ?

« Il y a urgence à enrayer ce processus. Pour préparer l'après-crise, notre pays a besoin d'emplois qualifiés », poursuit Jean-Baptiste Prévost, de l'Unef. Car les jeunes de 15/24 ans qui travaillent ou se retrouvent au chômage a augmenté et le syndicat y voit la conséquence de ce désintérêt pour les études supérieures. « En soit, c'est un phénomène inquiétant pour notre pays », conclut-il.