Restaurer le Logis du Musicien avec Erwan Larher, au nom de l'amitié

Laure Besnier - 01.06.2018

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Erwan Larher - Logis du Musicien - Restauration patrimoine


Depuis qu’il est « tombé amoureux » d’une bâtisse datant de la fin du XVe siècle, joliment appelée le Logis du Musicien, située dans la commune de Mirebeau, dans le département de la Vienne, l’écrivain Erwan Larher rêve d’y habiter et d’en faire une résidence d’écriture. Projet retardé par les nombreuses restaurations nécessitées par la maison, inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1927. 


C’est pourquoi le romancier a lancé un appel aux dons, l'occasion pour chacun de graver son nom dans la pierre. 
 
Vue surplombante du Logis du Musicien
 

L’auteur de Le livre que je ne voulais pas écrire , l'un de nos coups de coeur de la rentrée littéraire 2017, a placé son projet de restauration « sous le signe de l’amitié » tant dans sa construction que dans son aboutissement. Chacun peut y participer, en faisant un don — défiscalisable grâce au label de la Fondation du patrimoine —, ou encore donner un coup de main aux travaux — ce qu’ont fait beaucoup d’amis de l’auteur dès le début de l’aventure. In fine, Erwan Larher y voit « un lieu d’échange et de partage » qui s’inscrira bien dans le dynamisme des activités culturelles proposées par la commune.  

 

L'appel des lieux


Fils de militaire, Erwan Larher est un habitué des déménagements. Au gré de ses études et de ses histoires d'amour, notre romancier nomade n'hésite pas à faire ses cartons. « Être propriétaire foncier n’était pas trop dans mon câblage », nous explique l’auteur de L'Abandon du mâle en milieu hostile. Mais peu à peu, le besoin d'un « lieu fixe, d'un encrage vertical » se fait ressentir. Est-ce l'âge ou la fatigue des nombreux déplacements ? Erwan Larher ne le sait pas. Quoi qu'il en soit, il ne souhaite pas « vivre tout seul ». 

 

En quête d'un lieu à retaper — « j'aime les monuments historiques, la vieille terre, l'idée de transmission » —, l'écrivain tombe sur le Logis dit « du Musicien » (en référence à des grotesques ornant l’escalier à vis). « Les lieux m'ont appelé », lance-t-il. Les propriétaires précédents, obligés pour des raisons personnelles de se séparer de la bâtisse, la lui vendent en 2013, non sans lâcher quelques larmes. 

 
 



L'appel aux dons


Pour le restaurer, Erwan Larher lance un appel aux dons, « intéressant fiscalement » puisque labellisé Fondation du patrimoine. Également aidé par la DRAC, l'auteur a pour projet de transformer le Logis du Musicien en résidence d'écriture, lieu d'échange et de rencontre autour de la littérature. Pour cela, différentes tranches de travaux sont nécessaires, à commencer par l'étude de l'archéologie du bâti — la bâtisse date du XVe siècle et repose sur des fondations du XIIe — pour la modique somme de 8 000 €. Un montant qui ne peut que grandir, tant le gros œuvre, qui commence en 2015, est important.

 

Pour l'instant, 23.420 € ont été collectés. Erwan Larher s'attaque à la quatrième tranche de travaux. À terme, le projet coûtera dans les 400.000 € environ. L'écrivain a donc besoin de toute l'aide nécessaire, y compris de ceux qui ne peuvent donner que de petites sommes. Après tout, « si 100 personnes donnent 20 €, sur ce genre de projet, c’est toujours d’une grande aide ».

 

Alain Decaux, sauveteur d'un bijou
du patrimoine français


En contrepartie, les noms des donateurs apparaîtront sur le Logis, peut-être gravés sur une stèle ou sur un mur, Erwan Larher réfléchissant à la meilleure disposition. Et, à ceux qui lui reprochent de faire tout cela dans un intérêt personnel, Erwan Larher leur avait répondu, sur son blog, en 2015. 

 

Un projet collectif pour la littérature 

 

L'histoire du Logis est encore imprécise. Les archives le concernant ont été brûlées ou déplacées. Cependant, depuis le début de son projet, Erwan Larher reçoit des informations spontanées de personnes renseignées. S'il prévoit un jour de se lancer dans la généalogie de la maison, il semble qu'au départ, ce soit le président du tribunal de Bordeaux qui l'avait fait construire. Tombé en disgrâce, il avait fini sa vie à Mirebeau, par ailleurs fief d'Aliénor d'Aquitaine. 

 

Si le lieu n'est pas « majestueux » et si l'on n'est pas « écrasé par sa magnificence », « l'énergie qui y circule, de positivité, de bienveillance et d'échange » ainsi que son histoire font tout le charme du Logis. « Ce n’est pas un endroit neutre. » Lors des journées du Patrimoine, en 2016, l'écrivain ouvre le Logis aux visiteurs et invite des amis écrivains pour des dédicaces : Émilie de Turckheim, Sigolène Vinson, Fanny Salmeron, Philippe Jaenada, Sylvain Pattieu, Bertrand Guillot... L'Improbable librairie, située non loin de Mirebeau, fourni des ouvrages. 

 

Les maisons de Pierre Loti, Aimé Césaire et Tourgeniev
sauvées par le Loto


Ce qui a donné une belle idée de ce que pourrait devenir l'endroit, à la fin des travaux. Une résidence d'écriture informelle — où l'on n'est pas embêté par les démarches administratives, Erwan Larher verra si, par la suite, le lieu s'officialisera —, qui peut accueillir des amis, et qui permet de créer un lien entre les écrivains et les quelque 2 200 habitants du village. Le propriétaire du Logis pourra donc « apporter sa pierre à la vitalité de la création littéraire française », transformer l’endroit en un lieu de « rencontre et de lectures ». Une maison amicale en somme, qui servira la littérature, cette « transcendance ». 

 



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