Retard à rattraper d'urgence dans les achats de manuels scolaires

Cécile Mazin - 03.04.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - Québec manuels scolaires - livre lecture - bibliothèques scolaires


Le ministre de l'Éducation du Québec, François Blais, s'est fait tirer l'oreille par l'Union des écrivaines et écrivains québécois. En cause, le budget annuel alloué pour l'achat de manuels scolaires, de 15 millions $, dont l'UNEQ craint qu'il ne soit redirigé vers d'autres postes de dépense. 

 

 

Students of St. Francis School in Richmond lining up at McGill's McLennan Travelling Library / Des élèves de l'école St. Francis, à Richmond, qui se mettent en file à la bibliothèque itinérante McLennan de McGill

Bibliothèque et Archives Canada, CC BY 2.0

 

 

Les chiffres que communique l'UNEQ sont en effet saisissants : des baisses de ventes en librairies qui atteindraient jusqu'à 80 %. Et dans le même temps, une dépense de 8,3 millions $ CA effectuée par les commissions scolaires, dont on ignorerait à quoi elle ait réellement servi. De même, 6,7 millions $ CA devaient servir aux bibliothèques pour leur développement, et là encore, mystère.

 

Il est demandé au ministre d'acheter une calculatrice et surtout, de « s'assurer, entre autres, qu'il y ait, dans le budget de l'an prochain, une compensation adéquate pour rattraper le retard de cette année ». Et si les bibiothèques scolaires pouvaient également obtenir quelques faveurs, cela ne dérangerait personne. 

 

« Les déclarations malheureuses de l'ex-ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, en août dernier, qui minimisaient l'impact du gel des achats de livres dans les écoles semblent donc avoir produit les résultats désastreux que nous avions craints, et ce, malgré les tentatives de l'ex-ministre de corriger le tir »,  constate la présidente de l'UNEQ, Danièle Simpson. 

  

On se souviendra que, l'année passée, le précédent ministre, Yves Bolduc avait effectué un dérapage incontrôlé en affirmant que les enfants ne mourraient pas de l'absence de nouveaux livres dans les bibliothèques. 

 

Peu après, il corrigeait le tir en assurant : « Je m'attends à ce que chaque commission scolaire injecte, au cours de la présente année scolaire [pour l'achat de livres], un montant correspondant à la somme de l'allocation du Ministère […], auquel s'ajoute un investissement additionnel de la commission scolaire puisé à même ses propres fonds. »

 

Mais pour l'UNEQ, les déclarations faites n'ont pas été suivies de faits, et de multiples coupes budgétaires sont intervenues. Et de conclure : 

Le ministre Blais doit donner suite aux engagements de son prédécesseur et corriger la situation. Quinze millions de dollars annuellement pour rendre le livre accessible dans toutes les écoles du Québec, c'est une portion infime du budget de près de 17 milliards de dollars consacrés à l'éducation, mais une portion qui a des retombées incommensurables à long terme pour l'éducation, la culture et le secteur du livre.