Revivre l'histoire d'amour de Virginia Woolf et Vita Sackville-West

Antoine Oury - 09.03.2018

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Voici sans doute l'un des plus célèbres couples de la littérature : en 1922, Virginia Woolf croise la route de la poétesse Vita Sackville-West, et les deux femmes se sentent immédiatement attirées l'une par l'autre. Leur histoire d'amour inspirera le roman Orlando à Virginia Woolf, publié en 1928, et sera nourrie par la correspondance des deux auteures.


Virginia Woolf en 1927 et Vita Sackville-West par William Strang, 1918

Quelques jours après leur première rencontre, Vita Sackville-West se montre sous le charme : « J'adore tout simplement Virginia Woolf, et sans doute vous aussi. Vous seriez ébahi devant son charme et sa personnalité... Madame Woolf est tellement simple : et pourtant, elle donne une impression de grandeur », s'émerveille Sackville-West auprès de son époux, Harold Nicolson, bisexuel et partisan d'un amour libre, comme elle.

 

Si Sackville-West lui reconnaît le défaut de « s'habiller de manière atroce », elle ne cache pas son attirance, due à la « beauté spirituelle » qu'elle décèle chez Virginia Woolf. « J'ai rarement été aussi entiché de quelqu'un, et je pense qu'elle m'aime bien », admet la poétesse, ajoutant qu'elle a « failli avoir une attaque » quand Woolf l'a invité chez elle, à Richmond.

 

En février 1923, après un dîner passé en compagnie de Virginia Woolf, elle remarque à quel point leurs deux esprits sont proches, et ne tarit pas d'éloges sur la finesse de celle qu'elle aime déjà : « Comme elle a raison quand elle dit que l'amour rend les gens ennuyeux, et que l'excitation de la vie réside dans “les petits transports”, plus proches des gens. »

 

Vita Sackville-West, à l'image de son couple, était une habituée de l'amour atypique, voire transgressif dans la société de l'époque, mais Virginia Woolf, également mariée, l'était moins. Dans son journal, Woolf reconnaît dans Sackville-West « une vraie femme » qu'elle-même n'a « jamais été ». Une sensation qu'elle ressent comme un danger, d'après Nigel Nicolson, fils de Vita Sackville-West et auteur d'un ouvrage sur la relation entre Woolf et sa mère.

 

En 1925, Woolf le soulignera de nouveau en décrivant « Vita qui brille chez cet épicier à Sevenoaks... Rose brillant, une grappe de raisin, une perle suspendue... Il y a sa maturité et sa lourde poitrine : elle navigue toutes voiles dehors en haute mer, tandis que je flotte et dérive dans les marécages », se lamente Woolf dans son journal. Ses liens avec Sackville-West resteront toujours teintés de mépris envers elle-même, lorsqu'elle se compare à son amante.

 

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Virginia Woolf ne peut toutefois se soustraire à cette attirance, et la sublimera dans Orlando, publié en 1928, alors que les deux femmes se sont éloignées. En 1927, c'était Vita Sackville-West qui lui confessait son amour, le plus directement : « J'ai écrit une magnifique lettre d'amour pour toi dans les plus sombres heures de la nuit, et tout s'est envolé : tu me manques, tout simplement, dans le plus simple des désespoirs humains. [...] Cette lettre n'est donc qu'un gémissement de douleur. Tu es devenue essentielle à mon être, de manière incroyable. »


via Brain Pickings, Open Culture
 


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