Roumanie : Premiers ministres, corruption, et thèse plagiée

Clément Solym - 25.06.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Roumanie - thèse plagiée - Premier ministre


Le nouveau gouvernement roumain du socialiste Victor Ponta, à la tête du pays depuis la fin avril 2012, fait face à un sérieux obstacle à sa crédibilité : le Premier ministre est accusé d'avoir plagié sa thèse de doctorat en droit. L'intéressé a démenti, en prétextant une manipulation du président roumain, Traian Basescu (centre-droit), avec lequel la cohabitation est douloureuse.


Cette accusation est d'autant plus gênante que l'un des ministres nommés par Ponta le 7 mai dernier, Ioan Mang, a depuis quitté ses fonctions suite à une accusation du même acabit. Un ministre de l'Éducation plagiaire, pas vraiment la panacée... Ponta s'est, lui, refusé à toute démission : « Je vais me battre pour démontrer que je ne suis pas coupable de plagiat. Je n'entends pas une seule seconde céder dans ce que je considère être une bataille politique personnelle avec le président Traian Basescu » a déclaré Victor Ponta.


The Romanian Democracy [HEARING]

Victor Ponta, en janvier 2012 (auteur : ALDEADLE)


Le président lui tiendrait toujours rigueur de la motion de censure qui a fait tomber son gouvernement centre-droit en avril dernier, et compliquant singulièrement l'application des plans d'austérité préconisés par le FMI. Le plagiat a été révélé par une source anonyme dans la revue universitaire Nature, que Ponta a raillé en rappelant le sujet de sa thèse, relative au droit.

 

De longs passages de la thèse, écrite par Ponta alors qu'il est secrétaire d'État dans le gouvernement d'Adrian Nastase, un ancien Premier ministre, aurait été simplement copié de monographies rédigées par Vasile Cretu, Dumitru et Ion Diaconu. « M. Diaconu a rédigé la préface de mes travaux, c'est un peu étrange de plagier celui qui écrit votre préface » a relevé Victor Ponta. Le directeur de la thèse de Ponta, qui l'a donc validée, n'était autre que... Adrian Nastase, aujourd'hui hospitalisé pour tentative de suicide après des accusations de corruption.


Le Premier ministre a assuré qu'il reconnaîtrait ses erreurs si celles-ci étaient clairement établies : il a donc fait appel au Conseil national d'éthique, qui se chargera de relire sa thèse (432 pages) de long en large. L'université de Bucarest va lui prêter main-forte. Depuis quelques semaines, Ponta multiplie les nominations polémiques à des postes culturels clés, comme la direction des Archives nationales, de la télévision publique, ou de l'Institut culturel roumain.