Royaume-Uni : la Law Society vend sa collection de livres religieux

Xavier S. Thomann - 04.06.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Sotheby's - Réforme - Bible


Au Royaume-Uni, la Law Society connaît des difficultés financières. Pour y remédier, cette institution, qui représente les intérêts des avocats anglais et gallois, va mettre aux enchères un ensemble de livres religieux datant de la Réforme. Il s'agit d'une collection de Bibles, dont l'organisation avait hérité et qu'elle entrepose à la bibliothèque de l'université du Kent. 

 

 

Visite de la Cathédrale de Canterbury

Intérieur de la cathédrale de Canterbury

Lions Club Estinnes Quévy, CC BY-ND 2.0

 

 

Cette collection, connue sous le nom de Mendham Collection, passera aux enchères ce mercredi 5 juin chez Sotheby's, à Londres. La Law Society entend bien récolter plus d'un million de livres, mais cette initiative ne fait pas plaisir au monde universitaire. 

 

Dans cette optique, la cathédrale de Canterbury, ainsi que l'université du Kent, ont lancé une pétition sur internet pour s'opposer à la vente de ces livres. Ces derniers constituent un véritable trésor pour les théologiens et les chercheurs. 

 

En effet, cette collection, qui a été rassemblée par l'homme d'Église Joseph Mendham au 19e siècle, concerne des Bibles du 16e siècle, de même qu'un ensemble de documents relatifs aux premières années de l'Église d'Angleterre, au moment de la scission avec Rome. Par exemple, on trouve une Bible polyglotte de 1517 : le texte est en grec, hébreu, araméen et latin. 

 

Pourquoi s'opposer à une telle vente ? Ceux qui critiquent la vente avancent la dimension patrimoniale de la collection. Ainsi, le docteur Alixe Bovey, de l'université du Kent, explique : « La collection est un témoignage précieux du développement du protestantisme et du catholicisme, des tensions entre les deux, de l'époque de la Réforme jusqu'à celle de Mendham. Retirer les documents les plus précieux de la bibliothèque entraînera des dégâts considérables sur la cohérence et la richesse de cette collection historique ». 

 

La Law Society quant à elle rappelle que la collection lui appartient et qu'elle ne peut plus faire face aux coûts d'entretien qu'elle représente. Un porte-parole a déclaré : « Nous avons conservé cette collection comme une curiosité intellectuelle. Mais en cette époque de rigueur budgétaire, il nous est difficile de justifier le coût que représente l'entretien de ces volumes. »