Rythmes scolaires : le Conseil supérieur de l'Education rejette le projet de décret

Julien Helmlinger - 10.01.2013

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Education nationale - Réforme - Rythmes scolaires


Ce mercredi était présenté, aux membres du Conseil supérieur de l'Éducation (CSE), le pro­jet de décret sur la réforme des rythmes sco­laires au sein de l'école pri­maire. Et tandis que plusieurs amen­de­ments ont été deman­dés par les participants, le projet impulsé par Vincent Peillon a été mas­si­ve­ment rejeté par la com­mu­nauté éduca­tive composée des syn­di­cats, orga­ni­sa­tions de parents d'élèves et autres repré­sen­tants des col­lec­ti­vi­tés locales. Une information rapportée par l'Agence Éducation et Formation (AEF).

  

 

La route est longue pour la refondation ( Creative Commons, Zigazou76 via Flickr)

 

 

Un projet loin de faire l'unanimité

 

Le projet de réforme, qui semblait déjà bien embourbé (voir notre actualitté), prévoyait entre autres le retour à la semaine de 4 jours et demi à l'école pri­maire. Et ce, dès la ren­trée scolaire 2013, avec possibilité de dérogation pour reporter la mesure l'année suivante.

 

Avec 5 votes favo­rables (dont l'Association des maires de France et la Ligue de l'enseignement), contre 23 défa­vo­rables (dont la FSU et la Peep), 14 refus de votes (dont l'Unsa hors SNPDEN) et 30 abs­ten­tions (dont la FCPE et le SNPDEN), le projet est loin d'avoir su faire l'unanimité.

 

 

Des amendements demandés

 

Un amen­de­ment du Se-Unsa, visant à « renforcer le conseil d'école » d'après Christian Chevalier, du Se-Unsa, a été adopté par le CSE. Celui-ci propose que l'organisation de la semaine scolaire « soit fixée par le direc­teur aca­dé­mique des ser­vices de l'Éducation natio­nale (Dasen) agis­sant sur délé­ga­tion du rec­teur d'académie sur pro­po­si­tion du conseil d'école, trans­mise par l'inspecteur de l'éducation natio­nale chargé de la cir­cons­crip­tion d'enseignement du pre­mier degré, après avis du maire ou du pré­sident de l'établissement public de coopé­ra­tion inter­com­mu­nale inté­ressé ».

 

La FCPE a proposé un second amendement, adopté par le CSE. Et comme le présente Jean-Jacques Hazan, pré­sident de la fédé­ra­tion, il concerne « l'arrêt des devoirs à la maison, qui alour­dissent le temps de tra­vail pour les élèves ».

 

Le président a par ailleurs précisé que la FCPE a déposé un amendement par articles du projet de décret initial. Ceux-ci invitent à établir une semaine scolaire de 5 jours, avec des journées de 5 heures de classe plutôt que les 5 heures 30 prévues par le projet.

 

 

Le temps de service des enseignants oublié

 

Le syn­di­cat des ensei­gnants du pri­maire, Snuipp-FSU, ont regretté que ne fût pas mentionné dans le projet de décret tout ce qui a trait au temps de service des enseignants. Tandis que Jean-Marc Ayrault annonçait que « les acti­vi­tés péda­go­giques com­plé­men­taires seront pro­po­sées par les com­munes et les enseignants ».

 

Et selon le Syndicat des enseignants du premier degré et du second degré d'UNSA (Se-Unsa) : « ce pro­jet de décret n'est pas com­plet : il manque le volet ser­vice des ensei­gnants avec la ques­tion des 108h et de la reva­lo­ri­sa­tion finan­cière qui l'accompagne. »

 

Restent donc des points en suspens, en attendant la soumission du pro­jet au Conseil tech­nique minis­té­riel, prévue pour le 11 janvier prochain.