Sarkozy et les enseignants : Hollande voit un "marché de dupes"

Clément Solym - 29.02.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Nicolas Sarkozy - François Hollande - Education


Gagner « 25 % de salaire en plus, soit 500 € net par mois, sur la base du volontariat » : voilà la proposition de Nicolas Sarkozy aux professeurs du second degré s'ils choisissent de travailler 26 heures par semaine contre les 18 actuelles.

 

Mardi, lors d'un meeting au Zenith de Montpellier a dévoilé son programme pour l'éducation, enjeu majeur de l'élection présidentielle, avec le grand retour de son fameux « travailler plus pour gagner plus ».

 

Et le candidat n'a pas manqué de tacler François Hollande qui souhaite lui créer en cinq ans 60.000 postes supplémentaires dans l'Éducation nationale : « Dans l'état où se trouvent nos finances publiques (...), qui peut croire à cette fable ? Trop longtemps l'école a été affaiblie par les illusions dont on l'a bercée ! », s'est exclamé le Président.

 

« Comme si tout devait se réduire à une affaire de quantité » a-t-il soupiré, alors que pourtant, augmenter les heures de travail et le salaire, est également... une affaire de quantité.

 

 

 

 

Selon Nicolas Sarkozy, les « enseignants sont mal payés, car ils sont trop nombreux », d'où l'idée de les faire travailler plus longtemps en les payant davantage afin de réduire les déficits puisqu'il « n'y pas d'argent pour embaucher », mais aussi dans le but d'augmenter la présence des adultes dans les établissements scolaires et améliorer le statut des enseignants.

 

L'entourage du candidat UMP a annoncé qu'ainsi un nouveau corps de professeurs certifiés serait créé (titulaires du Capès), rapporte l'AFP. Son entourage a également annoncé que les instituteurs, eux ne bénéficiant pas d'une quelconque augmentation d'horaire et de salaire, ne subiraient pas la règle selon laquelle un fonctionnaire sur deux partant à la retraite n'est pas remplacé.

 

Un « marché de dupes »

 

Pour le candidat PS, cette proposition n'est qu'un « marché de dupes ». S'exprimant mercredi sur RTL, il a rappelé que le travail d'enseignant ne se limite pas à la présence en classe :

 

« C'est oublier ce qu'est le travail de l'enseignant qui n'est pas simplement que d'être devant sa classe, mais aussi de préparer ses cours, de voir les élèves, d'assurer des travaux pédagogiques, de corriger les copies », a-t-il expliqué.

 

Les syndicats approuvent : « Il y a une duperie et une forme de chantage assez injuste », a expliqué à l'AFP Bernadette Groison de la FSU, tout en rappelant que « le président de la République avait promis en 2007 une revalorisation du salaire qui n'est pas venue ».

 

 

 

 « Révolution de l'autonomie » dans les collèges

 

Le candidat a admis que l'école « n'est pas en mesure de répondre » aux défis d'aujourd'hui, sans toutefois remettre en question sa politique de l'Éducation.  Il a proposé « une autre révolution pour l'école accomplisse la mutation » nécessaire pour relever ces défis.

 

La « révolution » du Président dans les collèges « est celle de l'autonomie ». Il souhaite ainsi que chaque établissement puisse constituer des équipes pédagogiques qui recruteraient directement les professeurs « avec une plus grande souplesse dans les régimes indemnitaires.

 

« Tout ne doit pas venir d'en haut, des circulaires des ministres et des instructions des recteurs. L'autonomie, c'est la confiance faite aux enseignants », a-t-il expliqué. Il a également remis en question l'idée du collège unique, qui  « a fait exploser les inégalités au lieu de les réduire ».

 

Refonte du baccalauréat

 

Nicolas Sarkozy a esquissé une réforme du baccalauréat. Il s'est montré défavorable à la suppression du redoublement et des notes. Il a notamment évoqué l'idée de supprimer des options et de mettre en place plus de contrôles continus. « Le baccalauréat doit être la mesure de la capacité à suivre un enseignement supérieur et, pour garder une valeur, il doit refléter une exigence plus élevée.», a-t-il dit.