Science, médecine et magie : les origines d'Harry Potter dans les livres anciens

Antoine Oury - 03.07.2017

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De nombreux lecteurs ont découvert Harry Potter et son univers magique à un âge où les livres rares scientifiques, médicaux et ésotériques ne font pas vraiment partie des lectures de chevet. Mais J.K. Rowling, avec sa saga du petit sorcier, a fait entrer ses disciplines dans les têtes des bambins : la National Library of Medicine, aux États-Unis, organise une exposition pour mettre en valeur ces ouvrages qui font un peu partie du monde d'Harry Potter.


La fameuse mandragore, dans le Hortus Sanitatis en 1491
 

La National Library of Medicine, installée dans le Maryland, a sélectionné quelques ouvrages dans son fonds patrimonial, principalement des XVe et XVIe siècles, pour une grande exposition intitulée Harry Potter’s World : Renaissance Science, Magic, and Medicine, qui reprend les bases d'une précédente organisée en 2007.

 

L'objectif de cette présentation est simple : mettre à jour les liens entre les personnages, créatures, plantes et autres sorts de la saga Harry Potter et l'héritage scientifique, médical et magique, donc, que les livres ont pu transmettre au fil des siècles. Cet héritage se retrouve d'ailleurs dès le titre du premier tome de la saga, en version originale : The Philosopher's Stone, ou la Pierre philosophale, popularisée par l'alchimiste français Nicolas Flamel (1330–1417). Des siècles après sa disparition, il était encore évoqué comme vivant, précédé par la réputation de sa pierre qui changerait les métaux en or et aurait le pouvoir de rendre immortel...

 

Un autre personnage historique versé dans l'art de la magie et des sciences occultes, Heinrich Cornelius Agrippa von Nettesheim (1486–1535), a considérablement influencé l'approche de la magie présentée dans Harry Potter : il était en effet persuadé que la magie était nécessairement bénéfique dès lors qu'elle n'était pas utilisée à des fins égoïstes et utilitaires, comme il l'explique dans De Occulta Philosophia, publié en 1533.

 

Du côté des herboristes et des naturalistes, Rowling doit beaucoup à Konrad Gessner, un des piliers de la zoologie puisqu'il signa les premiers ouvrages de la discipline. Ces livres ne sont pas dénués de fantastique, puisqu'on y trouve des basilics, des licornes et des dragons... Quelques années avant les manuels de Gessner, le Hortus Sanitatis, en 1491, avait déjà donné le ton en présentant des croquis de mandragores à visage humain... Le fameux chirurgien Ambroise Paré avait déjà versé dans ces recensements en évoquant l'existence de licornes... à deux cornes !


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Le site dédié à l'exposition de la National Library of Medicine propose un accès aux différents documents cités, ainsi qu'un lien de téléchargement au format PDF. La NLM propose aussi des activités pédagogiques, ainsi que quelques coloriages basés sur des livres rares et anciens...