Scolarité en Angleterre : L'écart se creuse entre pauvres et riches

Clément Solym - 12.07.2011

Patrimoine et éducation - A l'international - resultats - scolaires - eleves


C'est un peu l'effet Oliver Twist que découvre à nouveau l'Angleterre. Une récente étude vient de démontrer que dans les familles pauvres, trois enfants de moins de 11 ans sur cinq n'ont pas les bases essentielles d'alphabétisation.

Un tableau bien sombre du système scolaire, qui se brosse là, montrant que nombre de jeunes qui achèvent le cursus scolaire en primaire, sans maîtriser les bases de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Et surtout, un gouffre qui se creuse de plus en plus, entre nantis et pauvres, avec des signes concrets de ce que ces derniers se retrouvent largement défavorisés.

Malgré les milliards investis par le gouvernement au fil des années, pour relever le niveau dans les centres-villes des zones défavorisées, l'étude est implacable.

Pour 45 % des jeunes pris dans cette étude, les standards éducatifs étaient atteints, voilà trois ans. Aujourd'hui, les chiffres sont encore plus mauvais, avec 40 % seulement. Ce qui implique donc que trois enfants sur cinq passent au collège sans les bases... Michael Gove, ministre de l'Éducation : « C'est un scandale que les résultats des enfants les plus pauvres dans les écoles primaires les plus mauvaises aient quand même empiré au cours des trois dernières années. »

Mais pour Sir Peter Lampl, président du Fonds pour l'éducation, c'est avant tout un signal fort : les inégalités se creusent dangereusement au fil du temps, et les élèves qui en font aujourd'hui les frais, seront les citoyens laissés pour compte de demain.

L'enquête visait 165.000 élèves sortant du primaire, mais l'écart grandit plus encore dès lors qu'ils entrent dans le secondaire. Pour l'Education Endowment Fund (EEF), que président Sir Peter Lampl, il devient impératif d'identifier au mieux les besoins de ces élèves, pour arriver à rentabiliser les milliards investis et parvenir à un impact durable sur leur vie et leur avenir.

L'étude portait sur les résultats des élèves qui bénéficient des programmes leur permettant d'avoir des repas gratuits dans les établissements. Face à eux, ceux qui ne bénéficient pas de cette aide passent, à 81 %, les tests.