Scolarité : Maires, parents et enseignants veulent un 'cartable essentiel'

Clément Solym - 20.03.2012

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - scolarité - élèves - cartable essentiel


Une enquête réalisée par OpinionWay pour l'association Savoir Livre, présente la volonté des parents, des enseignants et des maires de disposer d'un cartable essentiel de livres, complété par des outils numériques minimums, pour l'enseignement. 


Sollicitée également par les éditeurs de livres scolaires, cette étude montre que ces les acteurs sollicités estiment nécessaire de mettre en place un dispositif efficace autour de ces deux mesures, permettant, dans l'école du XXIe siècle, de pouvoir offrir une réussite à tous. Trois grands axes sont dégagés : 

  • 94 % des parents et 85 % des enseignants sont favorables à la définition au niveau national d'un cartable essentiel de livres pour chaque enfant à l'école primaire.
  • 91 % des parents et 92 % des enseignants sont favorables à la définition au niveau national d'un équipement minimum en ressources numériques pour la classe.
  • 85 % des maires se prononcent également en faveur de la définition d'un équipement essentiel (minimum et indispensable) à l'école primaire.

 

 

 

 

Concernant ce « cartable essentiel », il devrait comporter 4 à 6 livres, en fonction des niveaux scolaires. En parallèle, il instaurerait

  • plus d'équité entre les enfants de toutes les écoles pour 93 % des parents et 92 % des enseignants ;
  • une garantie dans l'égalité des chances au niveau national pour 91 % des parents et 85 % des enseignants 
  • une mise en conformité plus rapide aux programmes en vigueur pour 92 % des parents et 84 % des enseignants.

 

Pour autant, le manuel scolaire, s'il jouit toujours d'un fort attachement, « reste le parent pauvre des équipements pédagogiques », souligne l'étude. Certes utile, probablement rassurant, et manifestement pratique, le manuel scolaire souffre toutefois de critiques manifestes :

  • 10 % des élèves n'ont pas de manuel de lecture (ou de français), 10 % n'ont pas de manuel (ou de fichier) de mathématiques, plus de 40 % n'ont pas de manuel d'histoire et de géographie.
  • Seules 2 disciplines sur 9 (mathématiques et français) sont enseignées avec des manuels majoritairement conformes aux programmes (60 %), les livres des autres disciplines étant manquants ou non conformes à plus de 80 %. Pourtant, 95 % des parents considèrent que les enfants devraient tous avoir des manuels conformes aux programmes.
  • En cause, le manque de crédits pour 80 % des enseignants qui ne peuvent remplacer les manuels obsolètes de leur classe... et recourent fréquemment à la photocopie (69 %), alors même qu'ils souhaiteraient réduire cette pratique (57 %).

 

C'est ainsi que l'équipement numérique intervient, garant d'égalité, puisque des ressources numériques en classe assureraient la présence numérique pour tous - tout en réduisant l'éternel poids des cartables pour les élèves. Chez les enseignants, « il est attendu surtout pour garantir une égalité d'accès des élèves aux nouvelles technologies et développer une pédagogie plus interactive. 61 % d'entre eux déclarent vouloir utiliser davantage les manuels numériques ; ils sont 3 fois moins nombreux à vouloir utiliser les serious games ».

 

Et sur ces points, la communauté éducative est mobilisée, reconnaissant que depuis 2008, les mairies se sont adaptées à la réforme des programmes, réalisant des efforts significatifs, considère-t-on. « Cet effort est manifeste si l'on considère les équipements en manuels de français et de mathématiques conformes aux programmes actuellement déployés dans les écoles, ainsi que les équipements numériques en cours. Si 91 % des maires interrogent les directeurs pour connaître les besoins de leur école, le manque de crédits est cité comme la principale cause du non-renouvellement des manuels. »

 

La moitié des communes seraient plutôt d'accord pour participer à la constitution d'un fonds nécessaire pour l'éducation, et participer à un fonds de péréquation entre communes sous le contrôle de l'État. De même, la moitié d'entre elles seraient plutôt d'accord pour contrôler que le budget des écoles prévoie les arbitrages nécessaires pour garantir l'acquisition de cet équipement.

 

Enfin, dernier point intéressant, les parents sont disposés à s'impliquer financièrement. « Dans l'hypothèse où la mairie (ou l'État) ne pourrait acheter tous les livres nécessaires à leur enfant, 85 % des parents sont prêts à prendre en charge, sous condition de ressources, une partie de cette dépense, afin que leur enfant ait tous ses livres conformes aux programmes. »

  

Retrouver l'intégralité de l'étude pour Savoir Livre