Senghor et la Normandie : conserver les traces d'une histoire d'amour

Laure Besnier - 03.01.2018

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Conserver, entretenir et faire vivre le lien qui attachait à la Normandie l’écrivain, académicien et premier président de la République du Sénégal, Léopold Ségar Senghor, voilà le dernier projet présenté le 16 décembre dernier à l’Institut Mémoire de l’Édition Contemporaine (IMEC) par le Comité scientifique et culturel chargé de la valorisation de son patrimoine. 


IMEC : Léopold Sédar Senghor et Colette Hubert



Le projet « Présence Senghor en Normandie » fait écho aux mots de Senghor : « Conserver les témoignages de la création et de la pensée, et rendre accessibles à la recherche internationale les manuscrits des créateurs et des intellectuels, est un geste profondément civique par lequel nous affirmons notre identité et assurons la continuité, la vie de notre héritage culturel. ».

Et, une partie de l’identité de l’écrivain sénégalais, c’est bien la Normandie. Il a vécu à Verson, depuis les années 1980, après s’être démis de ses fonctions de président du Sénégal, jusqu’au 20 décembre 2001, jour de sa mort. Il y écrit des poèmes comme le recueil Poèmes divers, publié au Seuil en 1990, ou encore des essais tel que Ce que je crois, publié en 1988 chez Grasset. 
 

Déjà, en 2006, l’IMEC célébrait le centenaire de la naissance du père de la Francophonie avec deux expositions et des journées d’études sur la Francophonie.  Le Comité scientifique et culturel, présidé par le philosophe Souleymane Bachir Diagne, et composé de 14 membres - dont la directrice de l’IMEC ou encore le Conservateur des archives diplomatiques du quai d’Orsay - décide, cette année, de reprendre la main. Il s’agira de faire un inventaire du patrimoine laissé par l’écrivain, d’organiser sa conservation, et de mettre en oeuvre sa valorisation. 

 

En effet, les traces laissées par Léopold Ségar Senghor de son attachement à la région sont nombreuses. Il avait l’habitude de passer tous ses étés dans la maison de sa femme (normande), Colette Hubert, à Verson.  « Au mois d'août quand le Sénégal cuit dans son jus, j'écris en Normandie. Au frais. » disait-il. 

Puis il passe ses 20 dernières années en Normandie. « Verson m'a donné la possibilité de vivre la normandité comme un lyrisme lucide. » expliquait le « Normand venu d'Afrique ».

L’héritage (réparti en quatre lieux, dont la maison) que lègue madame Senghor en 2004 est riche mais dispersé. En conséquence, il ne se trouve pas dans des conditions de conservation optimales. Livres et objets personnels peuvent être trouvés à Verson, tandis que photos, tableaux et statuettes africaines sont installés à Caen. En parallèle lettres, manuscrits, tapuscrits, carnets de poèmes ou encore articles se trouvent à Cherbourg. De surcroît, il y a aussi la bibliothèque personnelle de Senghor, dans sa maison de Verson. 

 

Le projet présenté à l’IMEC permet donc d’établir une convention pour quatre ans, depuis 2018 jusqu'à 2021, pour mieux conserver les preuves de l’amour de Senghor pour la Normandie et la  « normandité » c’est-à-dire  « un ensemble de valeurs de civilisation, dont les deux plus importantes sont, paradoxalement, parce qu’en même temps, la rationalité et la sensibilité portées l’une à l’autre à un haut degré ».




Via Région Normandie, IMEC


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