Sentir les livres pourrait permettre de mieux les conserver

Antoine Oury - 18.11.2019

Patrimoine et éducation - Patrimoine - sentir livres - odeur vieux livres - etude nez livres


L'incontournable odeur des livres séduit toujours des millions de lecteurs, et certains y voient même un argument imparable contre la lecture numérique. Des chercheurs d'une université portugaise ont créé un nez électronique capable de « sentir » l'odeur des livres anciens pour évaluer leur état et déterminer le traitement le plus adapté pour assurer leur conservation.

Old books
(David Flores, CC BY 2.0)


Les efforts de conservation des livres nécessitent des opérations délicates, qui peuvent menacer les livres eux-mêmes, parfois : pour déterminer les meilleures conditions pour ces ouvrages inestimables, il est parfois nécessaire de réaliser des prélèvements, voire de les manipuler, ce qui comporte des risques pour l'intégrité des pièces patrimoniales.

Une équipe de chercheurs de l'université d'Aveiro, au Portugal, est donc partie à la recherche d'une méthode moins intrusive pour analyser et comprendre l'état d'un livre. Ils ont rapidement été interpelés par les composés organiques volatils dégagés par les pages des livres, sans qu'une intervention humaine soit nécessaire.

Si l'odorat humain est sensible, il ne l'est pas suffisamment pour déceler toutes les nuances contenues dans ces composés organiques : les chercheurs ont donc mis au point un « nez électronique » à l'aide de cristaux de quartz piézoélectriques. Six cristaux différents ont été implantés dans ce nez, pour réagir à autant de situations chimiques.

19 « livres témoins » ont été réunis par les chercheurs, fabriqués entre 1567 et 2016, avec des matériaux bien entendu très différents. Les compositions, âges et natures des papiers de chacun des ouvrages étaient connus, afin d'évaluer les résultats du fameux « nez ».
 
Ce dernier s'est plutôt bien débrouillé, puisque les réactions observées des cristaux de quartz ont permis de distinguer les papiers à base de coton et de lin de ceux issus de la pulpe de bois, mais aussi le papier alcalin d'un papier plus acide. L'un des « sens » du nez a même décelé des odeurs de furfural, un composé chimique associé à la dégradation de la cellulose.

La découverte des chercheurs, exposée dans la revue ACS Sens, pourrait permettre le développement de méthodes d'analyse des livres patrimoniaux moins coûteuses et moins risquées vis-à-vis des pièces.


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